Green Day
Green Day symbolise le renouveau punk du milieu des années 90 avec le multi-platine Dookie. Le monde découvre alors trois jeunes branleurs indomptables sur scène, adeptes du crachat de mollards et de la blague potache. Dix ans plus tard, son leader et principal compositeur Billy Joe Armstrong a grandi. En 2005, il propulse Green Day comme une des formations essentielles des années 2000 avec l’ambitieux et démesuré American Idiot.
Amis d’enfance, Billy Joe Armstrong et Mike Dirnt, tout deux nés en 1972, créent Sweet Children, leur premier groupe, à l’âge de 14 ans. A 17 ans, le duo californien fonde Green Day (le jour vert en référence à leurs nombreuses après midi passées à fumer des substances douces mais néanmoins illicites). Il signe avec le label punk indé Lookout, enregistre en 89 le Ep 1,000 Hours, puis en 90 le premier album 39/Smooth. Deux ans plus tard, Green Day s’adjoint les services du batteur Tré Cool et devient l’une forces vives de la scène punk underground de Berkeley. Kerplunk parait en 92 et permet au groupe de se construire une solide base de fans. Ce qui ne passe pas inaperçu aux yeux de la major Reprise (Warner en France).
Dookie et l’explosion punk
Aidé par le producteur Rob Cavallo (My Chemical Romance, Paramore), Billy Joe et ses acolytes mettent en boite Dookie. Soutenu par les singles "Basketcase", "Longview" et "Welcome To Paradise", ce troisième album amorce le raz de marée punk qui terrasse les Etats-Unis en 94. Fini la culture des soli, la mode est à l’anti-langue de bois, aux gamins pleins de morgue et à la culture des trois accords. Très vite, le trio prépare le terrain pour la découverte par le grand public de The Offspring, Rancid et de ses aînés Bad Religion et NOFX. Dookie se vend à plus de 15 millions d’exemplaires de par le monde. Le groupe explose littéralement lors de l’édition 94 de Woodstock où sa prestation incendiaire se termine dans une mémorable bataille de boue avec le public.
L’après Dookie
Les trois albums qui suivent, Insomniac (95), Nimrod (97) et le plus folk Warning (2000) rencontrent largement moins de succès et divisent les critiques. Green Day s’établie néanmoins comme une valeur sûre. Notamment par le hit acoustique "Good Riddance (Time Of Your Life)" extrait de Nimrod et le remuant "Minority" sur Warning. Mais 2002 laisse le groupe désemparé. Green Day semble s’être perdu tandis que son leader Billy Joe Armstrong se laisse happer par la bouteille et que sa réputation de leader despotique prend le pas.
American Idiot et "Boulevard Of Broken Dreams"
En 2003, le trio retrouve Rob Cavallo pour travailler sur un album au titre provisoire de Cigarettes and Valentines. La légende veut qu’au milieu de l’enregistrement à Los Angeles, les bandes soient volées. Au lieu de réenregistrer les chansons, le groupe choisit de repartir de zéro. Bien lui en a pris puisque d’un coup, il se sent libérer et retrouve le plaisir d’écriture de ses premières années. De cette session naissent deux morceaux de dix minutes découpés en plusieurs parties. Le concept d’American Idiot voit progressivement le jour. Green Day se sent prêt à reconquérir le public de stades comme à l’époque de Dookie. Alors que personne ne croit véritablement au grand retour du trio, American Idiot dès sa sortie en 2004 connait un succès foudroyant. Y compris en France où Green Day n’a jamais été aussi populaire. Véritable opera punk rock, American Idiot s’attaque à l’administration Bush et fait du single "Boulevard Of Broken Dreams" le plus grand succès du trio. Deux ans plus tard, American Idiot a récolté toutes les récompenses possibles.
21st Century Breakdown
En 2006, Green Day enregistre "The Saints Are Coming", reprise de The Skids (groupe art-punk écossais de 77), avec U2 puis réadapte "Working Class Hero" de John Lennon qu’il interprète en cartoon dans le film, Les Simpson. En 2008, le groupe s’offre une pause avec le projet récréatif garage sixties Foxboro Hot Tubs et l’album Stop Drop and Roll. Quelques années auparavant, les trois Green Day s’étaient déjà amusés de la sorte en lançant The Network, groupe new-wave pour lequel ils apparaissaient masqués sous des pseudos. Pour la première fois en 14 ans, Green Day choisit de ne pas collaborer avec Rob Cavallo. A la production de 21st Century Breakdown, Butch Vig, responsable du son de Nevermind de Nirvana. Ce septième album parait le 15 mai 2009 et se retrouve rapidement à la tête des charts du monde entier. Le groupe est en tournée mondiale jusqu’en 2010.
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