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Despo Rutti

C’est avec les yeux grands ouverts que Pascal Trésor Azou’Simba alias Despo Rutti est venu au monde le 26 juin 1982 à Kinshasa. Ses expériences précoces d’être ballotté de maison en maison, de gauche à droite, d’oncles à tantes l’obligent à être responsable de lui-même dès petit et l’induit dans une vision extra lucide de la vie.

Il est né d’une mère très moderne, une femme qui se bat pour ses droits, une rebelle qui a sut gagner sa liberté, son indépendance. Elle est propriétaire d’un bar où une certaine animation fait partie d’un quotidien : c’est comme ça que Despo deviendra le temoin de bagarres, de traffic…… une immersion direct dans un monde sans compromis.

Soumis à la violence morale des adultes il finit par le devenir beaucoup plus vite que prévu. Et devient à son tour rebelle c'est-à-dire comprendre pour ne pas se laisser manipuler, et ainsi faire ses propres choix, être dans la libre pensée, être seul capitaine de sa vie.

 C’est avec son âme d’adulte dans son corps d’enfant qu’il débarque à Paris en 1992 ; il atterrit successivement dans le 18 ème, à St Denis, et aux pavillons Sous Bois.

Fan de NTM, Ministère Amer et IAM, il commence à rapper avec des amis avec qui il constitue différents groupes de rap. Il reste un moment comme ça à vivre entre sa passion et l’école jusqu’à ce que l’un prenne le dessus sur l’autre.

Son goût pour la rap conscient lui permet d’enregistrer ses premiers morceaux en 99 avec notamment les titres «  Tout c’que j’n’aurais pas » et «  Les reufs meurent ». Après un petit tour d’horizon pendant quelques années, il comprend que le milieu du rap est autant perverti que le reste et que « la grande famille » comme ils disent n’existe pas, seul l’amour de l’argent règne. En 2001 il se détourne écoeuré du milieu pour s’arrêter nette dans sa course, il croit tourner une page mais c’était sans compter que le destin le rattraperai.

En effet, deux ans après il découvre que son morceau «  J’rap 4 my niggas » se retrouve sur une compil et décide alors de contacter le producteur de cette compil. C’est de là que tout s’enchaîne et collabore sur de nombreux projets comme la compil « Résurrection » et «  Patrimoine du Ghetto » de Jo le Balafré ou encore sur « Hostile 2006 » où son morceau « Arrêtez » défraie la chronique. Son clip est réalisé sous forme de mise en scène d’un groupe indépendantiste Tchétchène avec armes de guerre aux poings, cagoules, expressions menaçantes …. Le but étant d’inviter les gens au débat. Pour lui la provocation fait partie d’une stratégie pour pousser les gens à sortir de leur pré à penser de bons citoyens.

Toujours en 2006 continuant sur sa lancé après ses collaborations avec Stomy Bugzy, Lino (Arsenik) ou encore le groupe Tandem, il sort sous le label « Soldat sans grade » un double CD « Les sirènes du charbon », qui comprend un EP de 9 titres et un street album avec le Dj Boudj (ex des Sniper).

C’est ainsi qu’il montre son engagement, ses convictions face à la vie : on y retrouve des titres comme « Regrets », « Le repos du guerrier »,  « Le silence des macaques » en hommage aux injustices raciales pour dénoncer en l’occurrence l’agression du médaillé d’or Eunice Barber au stade de France.

Son interprétation est raccord avec la fougue de sa conscience : sombre et violente, lorsque l’on naît pas du bon coté de la barrière social il est difficile d’accepter le peu que l’on reçoit de l’espèce humain, et qu’il faut s’approprier un savoir car le savoir appartient à tout le monde, déjà qu’on est gouverné par « l’élite » ! Son interprétation est donc comme la vie, dure à avaler !

L’état l’a d’ailleurs en ligne de mire car le visuel de son double CD « les sirènes du charbon » est un enfant d’environ 5ans sur un vélo entouré par quatre CRS ; en clin d’oeil aux lois répressives des expulsions d’immigrés. Le sociologue et psychologue Boris Cyrulnik dénonce également dans ses ouvrages la violence de l’état envers les enfants. C’est ainsi que Despo est forcé à payer une amande de 40 000 euro de dédommagement aux quatre CRS pour atteinte aux libertés individuels et aux droits à l’image. Le procès est d’ailleurs toujours en cours.

Aujourd'hui il est sur le point de sortir son premier album intitulé « Convictions suicidaires », un portait sans compromis des dérives d'une société malade. Une citation de Khalil Gibran pourrait résumer le parcourt de Despo «Tous les etres entendent, mais seul les etres sensibles comprennent ».


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