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Le 27/09/2010

Interview Raphaël : "Mon album est plus tendu, noir et radical"

Pacific 231, le cinquième album de Raphael sort aujourd’hui lundi. Il marque un changement perceptible dans sa façon de chanter et dans la structure de ses compositions. Si Raphël est toujours mélancolique et désabusé quand il chante l’amour, il se montre aussi très remonté contre la société d’aujourd’hui. Avec sa plume subtile, ses textes poétiques et imagés, ce Rimbaud des temps modernes livre un album radical et électrique.


MusiqueMag : Votre album est plus noir, plus revendicatif que les précédents. Il était temps que vous sortiez plus vos tripes ?

Raphaël : Je voulais faire quelque chose de plus tendue, plus sombre, plus énergique, plus rock’n roll, qui soit le plus impliquant et le plus poignant possible. Je voulais que cet album soit assez radical. Je voulais aller encore plus loin, et même, pourquoi pas, déplaire à certains. Faire des chansons de manière à ce qu’elles affectent, qu’elles dérangent.

 

Vous critiquez un peu plus la société actuelle, vous décrivez un monde en perdition… comme dans "Odyssée de l’espèce" et "Dharma Blues".

Perdition est une connotation morale que je ne veux vraiment pas donner. Je suis juste le commentateur de mon époque. L’époque est telle qu’elle est, je ne suis même pas sûr que c’était mieux avant.

 

Un artiste doit-il être obligatoirement un commentateur de son époque ?

Un artiste ne doit rien, mais pour moi, ma vision de l’art, c’est du reportage. Les chansons doivent parler aux gens, leur rendre compte de quelque chose, être utile…

 

Le titre "Terminal 2 B" est une histoire très personnelle. Un poème d’excuse à la femme qu’on aime…

Ça peut être aussi l’histoire d’un personnage. Vous, vous pensez que ça me concerne, c’est ça la sublimation. C’est le principe de l’art.

 

Les blessures que l’on vit, on les soigne en écrivant des chansons ?

C’est une manière de dire des choses aux gens que l’on aime un peu plus belle que le langage.

 

Interview Raphaël : "Mon album est plus tendu, noir et radical"


On compare beaucoup ce disque à ceux de Bashung. Vous le prenez comment ?

Je trouve que ces comparaisons sont un peu exagérées. J’ai peut-être un peu la même radicalité de sa démarche et du choix de « l’accident » en musique. Je l’ai connu un peu, j’ai vu comment il fonctionnait, avec quelle liberté il travaillait avec tout le monde… Il y a peut-être quelque chose de la voix qui a déteint, ensuite, je n’en sais rien. Je l’ai entendu chanter une de mes chansons, j’ai vu de quelle manière il désarticulait, il désintégrait tout. J’ai compris la clef, la manière dont il fallait raconter une histoire.

 

En tout cas, on reconnait bien votre griffe.

Dans cet album il y a 6, 7 chansons qu’on aurait pu retrouver sur mes précédents albums, mais volontairement, il y a aussi 6, 7 chansons en ruptures où j’ai explosé mon système d’écriture. C’est important de chercher d’autres pistes. Mon grand exemple, plus que Bashung, c’est vraiment Bowie. C’est impressionnant la diversité qu’il y a dans chacun de ses albums et les passerelles qu’il a su créer entre chacun d’eux…

 

Il faut tuer les automatismes. Est-ce que ça n’implique pas de ne plus être vraiment soi ?

Le vernis de la routine et ce qui vous détourne de ce que vous êtes finalement. Le savoir-faire n’est pas obligatoirement ce qu’on est. Il n’y a pas de règles. Il y a des artistes qui peignent le même tableau toute leur vie. C’est une espèce de quête du tableau absolu qui remplacera tous les autres. J’ai senti juste que c’était le moment pour moi d’aller dans d’autres directions. Ceci étant,  je n’ai pas l’impression que cet album n’est pas moins moi que les autres albums.

 

La pochette du disque est très «  futuriste », mais comme on se l’imaginait dans les années 50…


L’idée était de raconter ce monde-là comme si c’était aujourd’hui, mais comme si tout était différent, que l’humanité avait déserté les lieux. Qu’il fallait des masques pour vivre… J’aime l’esthétique des masques de soudeurs et ça donne le sentiment d’espèce menacé qui m’intéressait. Dans le livre La route de Cormac McCarthy, il y a un peu de tout ça. Je m’en suis un peu inspiré.

 

Vous avez un petit rôle dans le film de Lelouch, "Ces amours-là". Enfin une activité dans laquelle vous vous laissez complètement diriger. C’est agréable ?

C’est salvateur pour moi. Ca m’apprend beaucoup sur le lâché prise. C’est important pour la création de se laisser aller de temps en temps, d’être hors contrôle.

 

Vous allez récidiver ?

Si quelqu’un veut de moi, avec joie. J’adorerais recommencer. Il est question que je fasse une pièce de théâtre cet hiver. Le travail de comédien me passionne vraiment.

 

Pour l'anecdote, on peut dire que la maison de disque de Raphaël a trouvé une idée originale pour faire parvenir Pacific 231 à certains journalistes. Ils ont envoyé deux personnes portant un masque de soudeur (comme sur la pochette de l'album) à leur  domicile ou sur leur lieu de travail. Imaginez leur tête en voyant le tableau ! De quoi à faire une bonne crise cardiaque ! (voir la photo ci-dessous)


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Raphaël

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