On a écouté KoRn III : Remember Who You Are
Deux mois avant sa sortie, nous avons pu écouter le nouvel album de KoRn, KoRn III : Remember Who You Are. Depuis plusieurs mois, les fans de metal bouillonnent d'impatience à l'idée d'écouter le neuvième album studio de la bande à Jonathan Davis. Un album qui marque le grand retour du producteur Ross Robinson avec qui KoRn avait collaboré sur ses deux premiers disques, KoRn (1994) et Life Is Peachy (1996).
Ce matin, nous avions donc rendez-vous dans les locaux du label Roadrunner Records à Paris pour une écoute en avant-première de ce KoRn III : Remember Who You Are, dont la sortie est prévue pour le 12 juillet prochain. C'est avec un sentiment mélangeant l'excitation du fan qui a découvert KoRn en 1996 et une certaine appréhension née une semaine plus tôt à la suite de l'écoute du décevant premier single, "Oildale (Leave Me Alone)", que cette écoute a débuté dans la salle de réunion du label dans laquelle trône des disques d'or de Sepultura, Slipknot et Nickelback...
KORN III : REMEMBER WHO YOU ARE
01) "Oildale (Leave Me Alone)"
[06:11]
Le morceau débute avec une petite mélodie destructurée sur laquelle on distingue une sorte de discussion. Certains sites internet avancent le nom de "Uber-Time" pour une intro qui constiturait la piste numéro 1 avec "Oildale (Leave Me Alone)" en piste 2, etc. Malgré une montée en puissance progressive, le titre est dans l'ensemble très poussif. Le refrain évoque au mieux une face-b de l'album Untouchables paru en 2002. "Oildale" traine en longueur comme si le groupe cherchait absolument à refaire un morceau long comme "Faget" sur le premier album. Si l'intention est louable, le résultat n'y est pas. Le titre se termine comme il a commencé avec une mélodie plutôt douce.
02) "Pop A Pill"
[03:59]
KoRn se ressaisit avec ce deuxième titre; de loin l'un des meilleurs du disque. Groovy et rythmé, "Pop A Pill" est un morceau classique de KoRn, sur lequel la voix de Jonathan Davis est diablement entraînante. L'intensité du titre ne retombe jamais. Même l'ambiance pesante du break fait repartir la chanson de plus belle. Et si finalement "Oildale" n'était qu'un pétard mouillé par rapport au reste du disque ?
03) "Fear Is A Place To Live"
[03:09]
Malheureusement, les choses se gâtent à nouveau dès le troisième titre. La rythmique rouleau-compresseur de "Fear Is A Place To Live" est plutôt solide, mais le morceau tourne en rond. Pas mauvais, mais deux morceaux plus loin, on a déjà oublié l'existence de cette chanson relativement anecdotique.
04) "Move On"
[03:48]
Un nouveau titre sur lequel le riff du guitariste Munky inspire plus la lassitude qu'autre chose. C'est avec ce genre de morceaux qu'on réalise à quel point la deuxième guitare de Brian "Head" Welch était impotante dans la texture du son "KoRn". Comme son nom l'indique, "Move On" donne vraiment envie de passer à autre chose...
05) "Lead The Parade"
[04:24]
Malgré son titre, "Lead The Parade" est une nouvelle preuve que KoRn n'a malheureusement plus rien du leader incontesté qu'il était à l'époque de la première tournée Family Values en 1998 aux côtés d'Ice Cube, Rammstein, Limp Bizkit, Orgy et Incubus. Le riff de guitare donne l'impression de courir dans tous les sens... pour finalement se perdre dans un dédale d'ennui.
06) "Let The Guilt Go"
[03:56]
Pêchu, puissant, frontal : "Let The Guilt Go" redonne vie à KoRn pour quatre petites minutes. La basse de Fieldy n'a jamais été aussi claquante depuis le début du disque. Le refrain du morceau est l'un des plus accrocheur de ce troisième album produit par Robinson.
07) "The Past"
[05:05]
"The Past" est également l'un des tous meilleurs morceaux du disque (en même temps, on ne fait plus la fine bouche depuis la troisième piste...). Sur ce morceau mid-tempo, un couplet presque nonchalant laisse place à un refrain inspiré sur lequel la voix de Jonathan Davis décolle enfin. Deux titres de bonne facture à la suite. Va-t-on avoir droit à une deuxième partie d'album meilleure que la première ?
08) "Never Around"
[05:29]
Eh bien, non ! "Never Around" rejoint sans détour "Oildale", "Move On" et "Lead The Parade" et les morceaux sans intérêt du disque. Un titre sur lequel il n'y a pas grand chose à dire, tout simplement car nous n'avons pas noté grand chose au moment où il passait dans la chaîne.
09) "Are You Ready To Live ?"
[03:58]
Malgré la traditionnelle complainte de Jonathan Davis qui sert d'épilogue à cette neuvième chanson, rien n'y fait : la magie n'opère plus. Le titre de ce morceau que l'on connaissait déjà depuis quelques mois sous un autre nom ("My Time"), donne surtout envie de réécouter le fameux cri du chanteur ("Are You Ready ?") qui lance la chanson "Blind" sur l'album KoRn. Ni plus, ni moins.
10) "Holding All the Lies"
[04:38]
L'album (le chemin de croix ?) s'achève avec l'un des quatre titres qui méritent d'être sauvés sur ce KoRn III : Remember Who You Are. Puissant et mélodique, avec parfois même quelques rythmiques tribales qui rappellent Soulfly, "Holding All The Lies" est un bon titre qui malheureusement termine en eau de boudin. L'un des clichés les plus prévisibles du disque intervient au moment où Jonathan Davis fond en larmes comme c'était déjà le cas à l'époque sur les deux derniers titres des premiers disques ("Daddy" sur KoRn et "Kill You" sur Life Is Peachy). On aura au moins échappé à la cornemuse...
KoRn 2010 vs. KoRn 1994 = 5 moins 2 qui font 3
(comme le montrent Jonathan et Fieldy avec leus doigts)
Seize ans après la sortie de son premier album, KoRn aura donc tout fait pour retrouver de sa superbe avec cette tentative de revival qui n'est à l'arrivée rien d'autre qu'un coup d'épée dans l'eau. Finalement, KoRn fait parti de ses groupes qui ont raté leur split. Si la bande à Jonathan Davis s'était séparée au lendemain du départ du guitariste Head en février 2005, qui sait si le groupe n'aurait pas connu un retour en grâce cinq ans plus tard avec à la clef la tête d'affiche des plus grands festivals européens (Reading/Leeds, Rock En Seine) comme Blink-182 ?
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