Hommage à Joe Strummer de The Clash mort il y 10 ans
Le 22 décembre 2012 disparait l'une des figures les plus marquantes de l'histoire du rock. Joe Strummer, frontman de The Clash, est mort d'une défaillance cardiaque provoquée par une malformation congénitale. Il avait 50 ans, ce qui peut paraître vieux selon les standards du punk 77 mais reste affreusement jeune quand la cause de la disparition est naturelle.
Né John Graham Mellor le 21 août 1952 à Ankara en Turquie, où son père employé du Ministère britannique des affaires étrangères est en poste, il a déjà 24 ans à la formation de The Clash, alors que le reste des punks de 77 ont à peine la vingtaine. The Clash règne de 1976 à 1985. Huit années leur suffissent pour transformer la face du rock. Alors que les Sex Pistols représentent le côté négatif du punk-rock, le Clash est son côté positif. Le premier voulait détruire le monde, le second veut le changer. Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon dénigrent les USA et leur impérialisme culturel et économique. Ce sont les premiers à dénoncer la résurgence du fascisme. Ils créent Rock Against Racism.
Peu ont su depuis rallumer le feu avec une telle intensité. "Should I Stay or Should I Go," "I'm So Bored with the USA," "Clampdown," "Train in Vain," "Rock the Casbah," "Rudie Can't Fail", "London Calling" demeurent des classiques impérissables. L'influence de The Clash s'est faite sentir aussi bien chez Rage Against The Machine, U2, Rancid, La Mano Negra, Noir Desir que Green Day, Anti-Flag, Pearl Jam, Red Hot Chili Peppers, Against Me, The Prodigy, Burning Heads, Shaka Ponk...

En 1989, Joe Strummer décide de repartir sur les routes avec Joe Strummer and The Mescaleros. Il enregistre trois albums (le dernier Streetcore étant paru en 2003 après sa mort) distribués par Hellcat et Epitaph.
La reformation de The Clash n'aura jamais était autant d'actualité que la veille de mort de Strummer. Le guitariste Mick Jones avoue avoir jammé avec lui quelques temps avant. Les deux hommes s'étaient retrouvés sur scène en novembre 2002. On murmurait le retour de The Clash pour son intronisation au Rock'n'roll Hall Of Fame. "La fin de The Clash n'a pas été jolie. C'est mon grand regret" affirmait Strummer dans les colonnes du défunt magazine Punk Rawk. "Au cours des années, on nous a proposé des millions de dollars pour des concerts. C'est complètement indécent. Comment veux-tu que l'on se reforme en prétextant l'amour de la musique et de nos fans avec tant d'argent à la clé ?". Que The Clash ne se soit finalement jamais reformé est sûrement une bonne chose. Rien ne ternira le mythe qu'il est devenu. The Clash n'aura jamais cachetonné pour survivre. Ni se sera transformé en cirque de foire à la Rolling Stones, Velvet Underground, Pixies, Dead Kennedys, New York Dolls, Sex Pistols et autres. The Clash reste indompté à l'image de son leader Joe Strummer. Cela le rend d'autant plus cher à nos yeux.
Olivier Portnoi.
Joe Strummer "Coma Girl" (2002)
The Clash "London's Burning" (1976 Victoria Park à Londres)
MusiqueMag.com

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