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Le 01/07/2010

Yannick Noah : interview avant-première au sujet de l'album Frontières

Le mardi 29 juin dernier, la maison de disque a invité MusiqueMag a écouter six titres du prochain album de Yannick Noah, Frontières, qui sort le 23 août prochain. À l’issue de l’écoute, une interview exclusive pour un site internet musical a été organisée. L’occasion pour nous d’évoquer cet album très rythmé aux messages toujours positifs et d’aborder quelques sujets moins consensuels. Yannick Noah n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux !

 

Deux chansons évoquent New York : "Ma Pomme" et "Angela". A l’issue de vos deux ans passés là-bas, il fallait que vous rendiez hommage à cette ville ?

Je ne rends pas hommage, je raconte ma vie, ma relation avec mon public nombreux depuis 10 ans. Au début, je leur ai raconté mon métissage, ensuite mes croyances, puis mes rêves… aujourd’hui, je leur raconte ma vie, mon quotidien. Ils savaient tous que j’étais à New York donc, la moindre des choses en revenant, c’était de raconter mon expérience américaine. Vous savez, je tiens compte des envies des gens qui me suivent. Ils souhaitaient que je raconte ce qu’il y a derrière ces deux ans.

 

Votre vie new yorkaise a-t-elle changée votre vision du monde ?

On est tous en évolution constante. Partout où je passe, j’observe et j’en tire des leçons. J’ai vécu des moments très forts. Les débats Obama/McCain, l’élection d’Obama, mes moments assis sur le trottoir à regarder les gens passer, mes nuits à Central Park, ma vie en famille avec tous mes gosses… Tout ça, c’étaient des moments très forts. Mais, j’avais aussi des moments de mélancolie où j’avais envie de revenir en France, où je me sentais loin de ma petite sœur où de ma mère, où mes potes me manquaient.

 

Ces fameux moments-là ont-ils été source d’inspiration ?

Non, pas vraiment. L’album n’est pas écrit par moi. Je n’ai pas cet investissement psychologique, moral, spirituel lié à la création d’un album. J’appelle mes potes auteurs, je leur demande de m’écrire une chanson sur tel ou tel sujet avec tel ou tel rythme. Maintenant, il faut que je me prépare à être de nouveau Yannick Noah, personnage public. J’ai envie de partager, d’avancer, de donner la pêche aux gens.

 

Est-ce qu’il faut réellement que vous vous mettiez dans la peau d’un chanteur ?

Oui, ça prend du temps. Celui des répétitions et d’un ou deux concerts. C’est un jeu… C’est un peu un rôle. On devient la chanson, on est un peu acteur de la chanson, on se met derrière elle. On n’est plus du tout dans le quotidien "normal".

 

Vous travaillez toujours avec la même bande d’auteurs et de compositeurs. Les anciens du groupe Canada (Jacques Vénéruso, Gildas Arzel…)

Il n’y a aucune raison de changer.

 

Vous n’aviez pas envie de jouer avec des musiciens américains rencontrés sur place ?

Ca ne m’intéresse pas. Ca aurait pu, mais ça n’a pas été le cas. L’équipe avec laquelle je travaille m’a pris dès le départ de mon aventure musicale. Ils avaient des chansons pour moi dans lesquelles ils me montraient tels que j’étais dans la réalité. Quand ils m’ont fait écouter les premières maquettes, j’étais franchement bouleversé. Je ne les connaissais pas, je n’en revenais pas. J’ai envie de travailler avec eux pour toujours.

 

Dans "Marcher sur le fil", vous rendez hommage à ceux qui, d’une idée portée à bout de bras, décident de changer les choses. Coluche et l’Abbé Pierre, en l’occurrence. 

Je parle des gens qui m’ont motivé, qui me stimulent et c’est aussi une façon de les remercier. Souvent, j’ai l’impression d’être un petit peu trop devant. Beaucoup trop, même. Donc, j’essaie de me remettre à niveau.

 

Il y a une chanson qui s’intitule "Ca me regarde". Ce n’est pas ce que vous avez envie de répondre parfois à certains journalistes ? On sollicite votre avis sur Sarkozy, sur le comportement des bleus et sur bien d’autres sujets…

Oui, ça m’arrive très souvent, mais je ne le dis jamais. Je pense qu’à un moment, il faut faire face. Quitte à se tromper. Il faut assumer ses convictions. Il y a trop de personnages publics qui se planquent. Je ne veux pas être un planqué. Je fais face. Je ne vous cache pas que j’ai parfois des doutes sur le bien fondé de mes interventions, mais au moins, je dis ce que je pense…

 

Yannick Noah : interview avant-première au sujet de l'album Frontières


Il n’y a que lorsque l’on vous interroge sur le sport que vous vous sentez légitime ?

(En riant). Ben, oui ! J’étais le meilleur avant ! J’étais capitaine de l’équipe de France de Tennis, on a gagné des coupes… Je sais de quoi je parle. Comme depuis, il n’y a pas eu grand-chose, on sort les vieux.

 

A 23 ans vous gagnez Roland Garros, à 50, vous chantez au Stade de France… Quel bilan !

Merci ! Mais, je vous signale  que l’un n’est pas si éloigné de l’autre. Je prépare mon Stade de France comme un véritable tournoi. Encore plus aujourd’hui qu’il y a 15 ans. A 50 balais, il faut que je sois en forme, donc, que je m’entraîne. Ce genre de performance n’est pas naturel à mon âge. D’une partie de la scène à l’autre, il faut couvrir bien 130 mètres en chantant, en dansant et en courant… Ça fait de sacrés kilomètres. Mon objectif est de survoler le Stade de France et provoquer des émotions unique à mon public. Une soirée comme celle-là n’arrive qu’une fois dans sa vie !

 

Vous savez comme ce concert exceptionnel va se dérouler. Pouvez-vous nous en dire plus?

Non. (Petit sourire amusé). Sur un tel évènement, je peux vous dire qu’il y aura des guests. On a travaillé sur pas mal de choses qui sont en place, mais je ne dévoile rien…

 

Dans "Frontières", chanson dans laquelle vous aimeriez voir tomber les frontières, j’ai relevé cette phrase : "Infantile utopie ou combat d’une vie". On vous a déjà reproché d’avoir des textes utopiques ?

Je n’ai jamais entendu ça. C’est ce que vous êtes en train de me dire ?

 

Pas tout le temps, mais parfois…

Je suis un artiste qui a pris le parti de proposer des choses positives. J’essaie de garder l’enfant qui est en moi. Parfois, j’ai envie de m’adresser aussi à eux en interprétant des contes. Mon public est aussi bien composé d’enfants que de grands-parents qui m’ont connu môme quand je jouais au tennis. Pour parler d’une réalité, j’aime bien, dans mes chansons, avoir un côté rêveur. Mine de rien, le message passe.

 

Est-ce qu’il y a une méthode Coué chez vous ? Il faut dire ou chanter les choses souvent pour qu’elles finissent par se mettre en marche ?

C’est une méthode qui a porté ses fruits. Je pense qu’aujourd’hui, on nous raconte beaucoup de conneries. On essaie de nous diviser beaucoup trop en nous parlant uniquement de choses négatives. On met en avant surtout nos différences. On va parler de la burqa pendant un mois et demi alors que ça concerne une dizaine de personnes. Il y a beaucoup de sujets essentiels dont on ne parle jamais. Moi, j’en parle et tant pis si l’on considère que c’est de l’utopie. De temps en temps, je pense qu’il est important de dire que l’on n’est pas si différent que ça, que l’on peut passer des moments ensemble. A la fin, quand on est cynique à ce point, ça donne les bleus ! C’est la France d’aujourd’hui. On râle, on est nul, on n’est jamais content.

 

D’ailleurs, que pensez-vous du feuilleton de l’été? Les bleus en Amérique du Sud...

Le problème est clair. L’équipe de France ne nous a procuré que des frustrations. Aucun moment pour que la France se rassemble dans la joie. La fédération, le coach, pas le coach, les joueurs, les systèmes de jeu, les médias, Rama Yade, Bachelot. C’est dingue ça ! Par contre, j’aimerai parler de Ribéry. Tout le monde lui est tombé dessus. Moi, j’ai compris que ça commençait à sentir très fort le pâté quand la Zahia a été en couverture de Paris Match. Je me suis dit qu’on allait tout faire pour les tuer. Le tapin en première page de Paris Match, là, c’était vraiment le point zéro. On a donné la parole à Zahia. 8 pages dans laquelle elle raconte tout. Pour moi, c’est plus grave que le "Va te faire enculer, sale fils de pute" de L’Equipe. Apparemment, Ribéry, c’est plutôt le rigolo de l’équipe et on lui a bien coupé le sifflet. On aurait voulu tout casser, on n’aurait pas mieux fait. Au final, je pense qu’on est tous responsable.

 

Ah oui, carrément ! Vous, j’ai lu que vous préfériez être donneur de patate !

(En éclatant de rire) Dans la gueule oui !

 

Dans une interview, vous dites : "Ce que je veux dans la vie, c’est donner la patate aux gens !".

Vous avez raison… C’est vrai. Je suis fait pour ça.

Derniers commentaires
Par OUDET le Mercredi 16 Novembre 2011, 20:50

Merci pour le rêve et l'espoir que tu nous procures. Tu as un énorme talent. A quand ta prochaine tournée.....

Par malherbe le Samedi 10 Juillet 2010, 17:32

oui c cool d avoir des gens qui malgré leur renommée ne se prennent pas la tete .Yannick reste toujours comme tu es tu es un chanteur exceptionnel je t adore et merci d etre toi

Par Véro le Samedi 10 Juillet 2010, 9:07

il reste lui même et c'est comme ça qu'on l'aime!!!
qu'est ce que c'est bon de savoir qu'il existe encore ,dans ce foutu merdier, des Noah qui ne se prennent pas la tête et qui ont une vraie pêche!
merci!


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Yannick Noah

Sedan, France

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