MusiqueMagMusiqueMag.com


Le 14/09/2015

Slayer: "Il a fallu surmonter la mort de Jeff" interview de Kerry King

Slayer a choisi de publier son 11e album le 11 septembre. Quand on connait Kerry King, on sait que ce n'est pas un hasard. Près de 35 ans après ses débuts, le gang californien transpire toujours cette amour de la provocation. Kerry King aime bousculer. Repentless est le premier album des californiens  depuis la mort de Jeff Hanneman survenue en 2013.

Dans cet interview, Kerry King évoque l'après Jeff Hanneman, la mort de ce dernier, l'énième départ de Dave Lombardo et l'état du metal actuel. Avec sa franchise habituelle.

 

Slayer:   Il a fallu surmonter la mort de Jeff  interview de Kerry King


 

Repentless est votre premier album depuis la mort de Jeff Hanneman. L'enregistrer et le composer a-t-il été une épreuve difficile ?

Difficile n’est pas le mot. Cela a été différent. Dès qu’il a été malade, Jeff s’est reclus. On avait difficilement de ses nouvelles. On ne savait pas s’il allait mieux, ce qu’il comptait faire, s’il allait revenir dans Slayer. Du coup, j’avais pris de l’avance. Je m’étais mis à composer au cas où il aurait décidé de ne pas revenir. Je me préparais à l'idée de devoir tout écrire moi-même. Mais je n’avais vraiment aucune idée qu’il puisse mourir. Cela a été un choc. Il a fallu surmonter la mort de Jeff.

 

As-tu dû transformer ton jeu pour compenser son absence ?

Non pas vraiment. A vrai dire, j’enregistrai toutes ses rythmiques depuis plusieurs albums. Il venait uniquement pour les solos. Donc, les fans ne pourront pas dire que le son a changé car cela serait faux. 

 

Un de ses morceaux figure sur le disque ?

Oui "Piano Wire". C’est une compo qui date de World Painted Blood. On l’a reprise et retravaillée. J'ai composé le titre "Repentless" en pensant à Jeff. Je l'ai nommé le "Hannemanthem" car il est rapide et agressive ! C'est ma vision de Jeff. S'il avait composé un titre pour se décrire, cela aurait pu être celui-là.

 

 


Gary Holt a-t-il un choix évident en tant que second guitariste de Slayer ?

Quand on s’est demandé qui pourrait remplacer Jeff en tournée, Gary (membre de Exodus) a paru être l’homme idéal. Il connait Slayer, on a les mêmes racines, on évolue dans la même scène depuis des décennies et c’est un super musicien. Cependant pour ce disque, je ne voulais pas qu’il écrive. On se devait de composer Tom (Araya, basse chant) et moi. Il n’est pas facile d’intégrer une formation comme Slayer. J’ai enregistré toutes les rythmiques mais Gary a pu faire ses solos. C’est un premier pas dans son intégration. Je n’en ai pas encore parlé à Paul (Bostaph, batteur) et Tom, mais pour le prochain disque, je suis partant pour que Gary propose ses idées. On a assez de vécu ensemble désormais auprès des fans pour qu’il puisse le faire sans qu’il soit juste le type qui remplace Jeff.

 

Qu'en est-il du nouveau départ de Dave Lombardo ? C'est une véritable sitcom votre relation avec lui ?

Là c’est le point de non retour. Je ne vois pas comment on pourrait revenir en arrière. Il nous a trop craché dessus dans la presse. Que l’on ait des différences d’accord mais je ne vois pas l’intérêt de tout déballer en public. On n’a pas à se battre pour que les fans choississent un camp. Les fans de Slayer nous aiment nous et aiment Dave. Cette guerre entre nous doit rester entre nous. Mais non, il ne rejouera jamais plus dans Slayer. Je ne vois pas comment.

 

De quel album es-tu le plus fier ? 

Season In The Abyss. J’avais repris des cours avec mon ancien prof et j’étais arrivé avec une envie de différence.

 

Slayer ( )

 

Repentless est le premier album de Slayer sur Nuclear Blast. Que s'est-il passé avec American ?

J’étais prêt à rester sur American. Même sans Rick Rubin. Mais ils nous ont proposés un deal super honteux. C’était se foutre de nous. On a préféré partir vers une structure indépendante où les gens sont passionnés de metal et enthousiastes à l’idée de bosser Slayer. Vaut mieux cela qu’un gros label, où personne ne te comprend. Chez Nuclear Blast, on parle le même langage. C’est la meilleure place pour Slayer à l’heure actuelle.

 

On t'entend souvent critiquer le metal et la musique actuelle. Que manque-t-il selon toi ?

Des héros. Dans les festivals où l'on joue, je suis attristé de voir que les groupes ressemblent à leur roadie. Comment peuvent-ils inspirer des gamins ? Leur donner envie de prendre une guitare ? Au contraire, ils les révulsent de la musique. Il n’y a plus de héros. Quand j’étais môme, il y avait Van Halen, Randy Rhoads, Ted Nugent, Judas Priest et tant d’autres. Aujourd’hui il y a qui ? Zack Wylde ? Van Halen ? Kirk Hammett ? Dave Mustaine ? Ce sont les mêmes depuis 20, 30 ans.

 

 

Tu as joué pour d’autres au cours de ta carrière. Est-ce une expérience que tu aimerais réitérer ?

Oui et non. Le résultat est parfois décevant. Jouer un solo sur le titre d'un autre t'oblige à être à sa merci. J'ai eu notamment une mauvaise expérience avec Rob Zombie. Je ne crois avoir jamais confié cette histoire. Rob me propose de poser un solo sur un titre. On se connait depuis longtemps et j'accepte. Je vais en studio, je fais mon truc puis j'oublie. Plusieurs mois plus tard, je retrouve mon solo coupé, remonté sur un autre morceau. Je n'en reviens pas.  C’est interdit ça !! C’est ignoble ! J’entends ce morceau que je ne connais pas avec un solo que je suis supposé avoir jouer. Je n’ai jamais pu en parler à Rob. Mais je n’y manquerais pas quand on se recroisera.

 

Quels sont les clichés sur Slayer qui te fatiguent ?

Ce n'est pas parce que je joue dans Slayer que je ne suis pas joyeux dans ma vie. Je suis un type normal. Certes j’aime les films d’horreur, c’est une grande source d’inspiration, mais je suis aussi friand de comédies. Comme 40 ans toujours puceau, ce genre de connerie. La dernière qui m’est vraiment fait marrer, c’est Sextape. D’autant plus qu’il y a deux chansons de Slayer dans la B.O. On nous entend pendant que Rob Lowe prend de la cocaïne. C’est le meilleur passage du film (rires). Malgré cette image sombre et extrême que l’on traîne, on est comme tout le monde.

 

 

Qu'écoutes-tu chez toi ?

J’écoute du rock, du metal. Ou alors des trucs immondes que ma femme m’impose via son ipod. Mais je ne te dirai pas quoi ! (rires).

 

Te souviens-tu de la dernière fois où tu as eu le trac sur scène ?

C'est marrant, j'en parlais récemment avec des connaissances. Le trac, je ne l'ai pas eu depuis des années. Rien ne me fait plus peur. Je me souviens pas de la dernière fois où j'ai eu le trac. Ni de la dernière fois que jouer à la même affiche qu'un groupe m'a stressé. C'était peut-être pour notre première venue à Donington. Ce festival était mythique et j'étais plutôt nerveux à l'idée que l'on y joue. Depuis que l'on se produise devant 80 ou 80 000 personnes, cela ne me fait ni chaud ni froid.

 

Propos recueillis par Olivier Portnoi.

 

 

Slayer ( )Slayer avec Danny "Machete" Trejo sur le tournage du clip "Repentless".



A ne pas manquer

Derniers commentaires
comments powered by Disqus

Slayer

Los Angeles, Californie, États-Unis

Autres news
25 cadeaux de Noël rock et metal pour 2016 25 cadeaux de Noël rock et metal pour 2016 Noël 2016 approche. Metallica, Slayer, Motörhead, Weezer, Kiss, AC/DC, Rammstein, Rob Zombie, Tenacious D, Misfits et bien d'autres ont pensé à vous. Voici 15 idées de cadeaux rock, metal, punk pas comme les autres.
Slayer sur le point de se séparer ? "Il est peut-être temps que l'on s'arrête" Slayer sur le point de se séparer ? "Il est peut-être temps que l'on s'arrête" Slayer est-il en fin de course ? Après 35 ans de carrière à jouer avec les riffs démoniaques, Tom Araya émet l'hypothèse que la légende californienne pourrait déposer les armes dans un futur proche.
SLAYER le clip "You Against You", sanglant et violent SLAYER le clip "You Against You", sanglant et violent Après le brutal clip "Repentless" tourné dans une prison avec Danny "Machete" Trejo et Vernon Wells (le méchant de Mad Max 2 et Commando), Slayer récidive dans l'ultraviolence avec "You Against You". "I had your back, but it's no use" hurle Tom Araya.
Saint Patrick 2016 : 10 groupes de rock qui ont leur propre bière ! Saint Patrick 2016 : 10 groupes de rock qui ont leur propre bière ! AC/DC, Iron Maiden, Motörhead, Pearl Jam, Frank Turner, Kiss, Clutch, Slayer, Municipal Waste, Grateful Dead. Ils ont tous leur propre bière. Voici un dossier Rock & Beer idéal pour la Saint Patrick.
Toute l'actu de Slayer