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Le 26/08/2015

Forest Pooky : interview du road warrior folk pour sa tournée avec Peter Black

En trois ans, Forest Pooky s'est taillé une réputation de road warrior. Pour cause, le chanteur guitariste de folk rock a donné plus de 450 dates. Pas seulement en France, mais aussi en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et à la Réunion. Peu de groupes tournent de manière aussi acharnée. Avant sa tournée marathon de 54 jours avec Peter Black, de la légende punk hardcore australienne Hard-Ons (qui joue ici en acoustique), MusiqueMag a rencontré Forest pour qu'il partage avec nous quelques unes de ses aventures. 

 

Forest Pooky (Follain Gwenolé)

 

Comment t'es tu retrouvé à tourner avec Peter Black des Hard-Ons pendant plus de 7 semaines ? 

C'est une idée de Thibaut Gillard de Wild Card Booking (également bassiste de Not Scientists) qui a voulu faire venir Peter Black après avoir vu qu'il sortait un nouvel album en solo. Il lui a proposé de tourner avec moi. Du coup, on a enchaîné avec un split EP 6 titres. Quand je pars avec des gens sur une si longue durée, j'aime que l'on enregistre un disque en commun. Je l'avais déjà fait avec Kepi Ghoulie en 2013 puis avec Yotam Ben Horin de Useless ID.

 

Vous ne vous êtes encore jamais rencontrés (cet interview a lieu avant le coup d'envoi de la tournée) ?

Non. Mais on s'est envoyé de nombreux mails. Notre première rencontre aura lieu à Lyon quand je vais le récupérer à l'aéroport la semaine prochaine, le 26 août. On a 54 jours ensemble.

 

Ce n'est pas un stressant de te dire que tu vas être enfermé des heures en voiture pendant 54 jours avec quelqu'un que tu ne connais pas ?

Je ne m'en fais pas trop. Je suis plutôt bonne pâte. Je m'adapte facilement. Puis j'ai le rôle de babysitter. Il arrive d'Australie, il aura traversé la moitié de la planète. Je vais faire en sorte que lui se sente bien. Je vais me plier à ses besoins. Mais non, ce n'est pas trop stressant.

 

Sur ces 50 dates, vous visitez plusieurs pays ?

On commence par la France, puis on ira en Italie, Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, Hollande et Angleterre, surtout Londres.

 

 

Y-a-t-il des dates que tu attends plus que d'autres ?

La première déjà. Le coup d'envoi est un concert privé dans la cour d'un ami en Ardèche. Il y a aussi la date à Paris au Gibus le 12 septembre avec Frank Turner. Cela va être super bien. (des places sont à gagner sur MusiqueMag pour ce concert). J'ai rencontré Frank il y a une dizaine d'années. Quand j'ai sorti mon album Every Key Hole Has An Eye To Be Seen Through, je lui ai envoyé en lui proposant que l'on fasse des dates ensemble, ou du moins que je puisse jouer avec lui (rires). Je l'ai recroisé à Las Vegas lors de ma tournée américaine. On en a rediscuté. Il y a déjà une date qui se fait et c'est cool. Il y aura aussi Joseph Merrick ce jour là au Gibus. 

 

Depuis la sortie de ton album, tu as enregistré 3 splits. 

J'aurais presque pu sortir un second album (rires).

 

C'était ma question en fait. 

Je n'écris pas très vite. J'hésite sur les raisons. Je suis peut-être trop satisfait avec la vie que j'ai. Je manque de malheur et c'est entendu que les artistes écrivent mieux dans le malheur (rires).  Puis les titres que j'écris finissent dans les splits.

 

Forest Pooky (Follain Gwenolé)

 

Tu aimes cette formule du split ? Enregistrer avec des artistes étrangers te permet de te faire connaître ailleurs ?

De toute évidence cela fonctionne. Sur la tournée américaine avec Yotam, j'ai croisé plein de gens qui me connaissaient grâce au split avec Kepi. C'est super intéressant de faire cela avec des artistes qui tournent beaucoup dans un autre pays. Je vais essayer d'aller en Australie l'année prochaine. Je n'irai pas en Israël car Yotam m'a dit que c'était nul pour ce que l'on fait, qu'il y avait peu d'endroits où jouer, mais l'autre groupe de ce split, Six Mile Station, a vraiment aidé quand on était là bas. 

 

Tu es parti combien de temps aux Etats-Unis ? 

36 jours. J'ai fait 30 dates. 20 avec Yotam et 10 avec Six Mile Station. C'était très différent. Yotam, qui est chanteur guitariste de Useless ID, groupe isräelien qui a signé chez Fat, connait justement très bien toute cette scène Fat. Par lui, j'ai rencontré plein de gens. Joey Cape (Lagwagon), que je connaissais déjà, est venu à un concert. J'ai rencontré Bill Stevenson, chez qui j'ai dormi, Jason Livermore, on est passé au Blasting Room. J'ai aussi croisé le graphiste des Descendents, j'ai revu Kevin Seconds, j'ai rencontré Dave Hause, et plein d'autres. Puis avec Six Mile Station, j'ai croisé des gens pas aussi connus mais tout aussi cools qui avaient des baraques paumées dans les montagnes. C'était vraiment dingue.

 

 

Les conditions sont-elles vraiment différentes aux US pour un groupe ou un artiste solo par rapport à la France et à l'Europe ?

Oui. Là bas, c'est le far west en 2015. Quand tu bookes une date, on te dit oui bien sûr tu peux jouer chez moi mais tu n'as pas à boire, pas à manger, pas de lieu où dormir et on te filera une partie des entrées en cachet, s'il y en a. C'est super, merci beaucoup (rires). On a quand même eu la chance de jouer dans des galeries d'art qui fonctionnent à la donation où les gens mettent la main à la poche et s'intéressent, sont curieux. Mais tourner aux Etats-Unis est hyper dur. 

 

Tu y as même perdu du poids là bas…

J'ai mangé mexicain pendant un mois. Que mexicain.

 

Pourtant les mexicains ne sont pas réputés pour être fluets. 

Yotam est végétalien. Donc, j'ai mangé comme lui sans fromage. Puis comme on avait pas d'argent, on mangeait que quand on avait faim. Très faim. On a dormi dans la voiture et beaucoup par terre. Les gens t'invitent chez eux. Ils te montrent leur salon. On est six et il y a un canapé. Donc, tu dors beaucoup par terre. Sauf qu'il y a de la moquette partout. C'est un avantage. C'est dégueulasse mais c'est molletonné.  

 

Là, tu reviens de la Réunion.

Je suis parti 17 jours pour 11 dates. J'ai rencontré un type qui s'appelle Ben en novembre 2014 qui m'a dit être cuistot à la Réunion et qu'il pourrait me trouver des dates. J'ai dit OK. Il y a pas de folk rock là bas. Il y a surtout la musique locale qui s'appelle le maloya, qui est binaire ternaire et qui chante en créole. L'un des avantages de la Réunion est que rien n'est loin. Tu retournes dormir tous les soirs au même endroit. Ils sont aussi très à la cool. Rendez-vous 16h et tout le monde arrive à 19h. C'est très détendu (rires). Mais c'est bien. Comme aux Etats-Unis, j'ai fait des bars, des houseshows et des endroits culturels. Il y a peu de groupes de rock qui viennent tourner à la Réunion. Ceux qui m'accueillaient me disaient que c'était ce qui leur manquait le plus par rapport à la métropole.

 

Forest Pooky (Follain Gwenolé)

 

Quels sont tes projets pour 2016 ?

On finit la tournée en Octobre. Je vais ensuite essayer de cloturer un projet qui s'appelle Supermonk avec Basil de Not Scientists et Ben Bacon qui jouait avec moi dans Annita Babyface and the Tasty ponys. On devrait enregistrer avec René de Cooper en Hollande en janvier. Puis je vais m'isoler pour écrire un second album solo. Peut-être à la Réunion. Je voudrais aussi retourner aux Etats-Unis peut-être pour deux mois. 

 

Maintenant que tu fais de la folk, est-ce que tu aimes Billy Bragg ? C'est le cliché de l'artiste folk de dire que Billy Bragg est un génie non ?

Oui (rires). mais non, mes influences sont plus rock, pop rock au sens indé. Avec des groupes comme Bob Mould, Nada Surf, Lemonheads, Evan Dando en solo. Billy Bragg, je ne connais pas super bien. Mais j'aime bien. J'ai l'intention de m'y mettre plus sérieusement. Pour voir (rires). Billy Bragg, je connais au travers des Clash et des Groovie Ghoulies. 

 

Tu as récemment intégré deux titres des Burning Heads dans ton répertoire.

Je participe au tribute aux Burning Heads de Buzz Off Records qui sort aussi chez Kicking Records et BlackOut Prod et qui reprend intégralement le premier album du groupe paru en 1992. Etant un des premiers au courant de la préparation de ce tribute en 2011, je me suis rué sur le premier album pour voir ce que je pourrais reprendre et j'ai trouvé que "Making Plans For Nigel" paraissait le plus adapté à jouer en acoustique. Quand j'en ai parlé à Buzz Off, on m'a dit, "super, on craignait que personne ne veuille faire cette reprise". Ce à quoi j'ai rétorqué "comment ça une reprise ?" (rires). Et à ce moment là j'ai découvert XTC. J'ai aussi enregistré "Swindle" tiré de Super Modern World pour le documentaire Diesel de David Basso. Pour sa campagne de financement participatif, il m'a demandé de reprendre cette chanson en particulier car les textes parlent d'un kid qui fait un groupe de punk rock et qui finit par devenir célèbre tout en se faisant pervertir par le système et la célébrité. Comme Diesel traite du DIY et de l'évolution des groupes, cette chanson collait bien. Je la joue parfois sur scène.

 

Pour plus d'infos sur Forest Pooky : www.forespooky.com

 

 




Forest Pooky (Follain Gwenolé)
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Serrières, France

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