Christophe Willem : interview pour l'album Prismophonic
Christophe Willem en interview pour MusiqueMag. Prismophonic est le troisième album de Christophe Willem. Il est produit et réalisé par Steve Anderson, bien connu pour ses collaborations avec Kylie Minogue. Sur ce disque (dont sont extraits les singles "Cool" et "Si mes larmes tombent"), le chanteur s’est entouré d’une équipe britannique à la production, pour apporter de nouvelles sonorités à ce projet, et de son amie Zaho qui lui a écrit sept titres. Le chanteur est entre de bonnes mains pour que ce troisième album soit une réussite. Rencontre avec un artiste au meilleur de sa forme.
Votre disque est de nouveau très dansant, mais ce n’est pas la même "dance" que dans Caféine.
Christophe Willem : Dans Caféine, c’était plus pop électro dance, dans Prismophonic, c’est plutôt pop dans le sens large du terme. Par exemple dans "Cool", c’est un peu plus funky, mais un funky actuel, "Starlite" a un côté disco très actuel aussi et on peut avoir de la pure ballade. Ce nouveau disque, je dis que c’est de la pop pure et dure.
Vos trois albums sont différents. Vous avez le souci permanent de ne pas être là où on vous attend ?
Ce n’est pas une nécessité. Moi, j’évolue au fil du temps. Le premier était un disque « variété française » classique, ensuite, je suis allé dans un style radicalement différent avec Caféine. Prismophonic, c’est la balance entre les deux. Il réunit mes deux cultures : cette culture francophone de la vraie chanson mélodique et de la culture anglophone que j’ai au niveau du son. Je dois aussi avouer que j’avais une vraie envie que les gens puissent fredonner les morceaux, que le public puisse faire corps avec moi. Comme j’étais parti loin dans mes délires de production, faire participer le public était un peu difficile. Mon nouvel album permet cela. Il est conçu pour, en tout cas.
Dans "Le temps qu’il reste" vous évoquez une préoccupation que vous avez sur la vie qui file à vitesse grand V. C’est une obsession chez vous ?
Depuis l’émission que j’ai gagnée, forcément, les choses se sont enchaînées très vite et je suis toujours dans une dynamique de travail. Je prends rarement le temps de me poser pour regarder tout ce qui s’est passé. Je ne le fais pas, aussi, parce que ça peut vite donner le vertige. J’ai un rapport bizarre avec le temps. J’ai du mal à me projeter dans l’avenir. Je vis les choses au moment présent. Dans Le temps qu’il reste, je raconte le fait que l’on peut stopper les choses là où on le souhaite. Je dis aussi qu’il faut arrêter de vivre avec une nostalgie ou un genre de mélancolie qui peut être parfois malsain, ça empêche d’avancer.
Christophe Willem "Si mes Larmes Tombent"
Dans la ballade, Si mes larmes tombent, c’est l’antithèse de ce que vous venez de me dire. On est complètement dans la mélancolie.
Oui, c’est vrai, c’est la chanson mélancolique de l’album. Quand on fait sa vie par rapport au regard des gens qui change sur vous quand vous êtes connu, ce n’est pas simple. C’est vraiment l’histoire que j’ai vécue.
Entre deux albums, vous avez tendance à vous remettre en question ?
Oui, systématiquement. J’oscille entre le fait de vivre pleinement la vie que je vis et de me dire que celle que je menais avant était pas mal non plus. Sans vouloir y retourner, mais j’ai souvent ce rappel au passé.
Il y a dans votre répertoire beaucoup de chansons d’amour assez explicites.
Dans Caféine, c’était vraiment une histoire d’amour du début à la fin, alors que dans Prismophonic, c’est toujours le rapport à l’amour, mais le « après » l’amour. Je ne parle pas d’amour de manière négative, je dis juste que pour bien aimer, il faut apprendre à s’apprivoiser soi-même. Plus précisément, pour aimer l’autre comme il le faut, il faut s’aimer soi-même. C’est la clé même de l’album.
Quand on fait de la dance music, croyez-vous que le public écoute les paroles des chansons de la même manière ?
Moi, je ne me pose jamais la question de savoir dans quelle case je me trouve. Je fais ce que j’aime. Mais en effet, dans Prismophonic, ma voix est mise plus en avant, on s’attache donc plus au texte. Si je prends le soin d’interpréter mes chansons en langue française, c’est bien parce que j’ai vraiment envie que les gens comprennent ce que je suis en train de dire et surtout, que le message passe.
Christophe Willem le clip "Cool"
Revenons à votre expérience de juré d’X Factor. On vous voit différemment depuis ?
Un certain public ne me connaissait pas très bien, humainement. Qui j’étais, quelles étaient mes vraies affinités musicales, ce qui me touchait, ce qui ne me touchait pas. Beaucoup m’ont dit qu’ils ne me croyaient pas aussi cash et politiquement incorrect. Le retour que j’ai par rapport à cette émission est assez positif.
La scène, vous y pensez déjà ?
Je reviens sur scène au plus tôt en mars 2012, au plus tard en mai. Je suis en pleine réflexion sur ce sujet. Ce qui est certain, c’est que le show n’aura rien à voir avec le précédent. Je n’envisage pas ce métier sans innover constamment.
Interview réalisée par François Alquier
MusiqueMag.com

Chargement en cours...
