Chimène Badi : "j'ai été victime de rumeurs". Interview
Depuis le début de sa carrière, en 2003, Chimène Badi a vendu plus de 3 millions de disques. Trois ans après Le miroir, elle revient le 3 mai prochain avec un quatrième album Laisse les dire qui ressemble à la femme qu’elle est devenue : adoucie et maîtrisée. Même si la nouvelle Chimène Badi règle ses comptes avec ceux qui l’ont blessée…
Commençons par le single « Laisse les dire ». Il évoque des rumeurs sur vous, des cancans qui vous ont fortement blessées.
C’étaient des médisances au ras des pâquerettes. Les médias ne m’ont pas épargnés. Je ne sais pas pourquoi j’ai été victime d’acharnement, mais j’ai décidé que cela n’allait plus m’atteindre. J’ai lu tout et n’importe quoi, tant sur ma vie professionnelle que sur ma vie privée. Dans cette chanson, j’ai voulu répondre sobrement et clairement à toutes les personnes qui n’ont pas été sympas avec moi. Le texte dit par exemple : « Laisse le venin couler et à quoi bon lutter contre les vents et marées… ». Ca me permet de tourner la page sur plein de choses.
C’est la raison pour laquelle vous avez quitté la région parisienne pour vous installer dans le sud ? Une fuite en avant ?
En France, on n’aime pas forcément les réussites fulgurantes. Je me suis éloignée volontairement pour faire le point et reprendre pied avec la réalité.
La chanson « D’une fille à sa mère », c’est pour couper le cordon avec votre mère ou pour lui rendre hommage ?
Un peu des deux… pour lui faire du bien, pour la soulager. C’est une maman qui est très proche de ses enfants et même, parfois trop. Elle peut s’abîmer. Il y a plein de maman comme la mienne, mais j’ai trouvé que c’était parfois trop douloureux pour elle comme pour moi. Je lui ai écrit cette chanson, un peu comme un cadeau. C’était important pour moi de lui dire tout ça… ce titre, c'est un cadeau que je lui fait. Une sorte de manière de lui dire. Il est temps que tu t'occupes de ta propre vie maintenant.
La chanson « En vous », écrite par Grand Corps Malade, est un hommage à votre public. Vous avez hâte de le retrouver ?
Cela fait trois ans que je ne suis pas remontée sur scène. Je vous assure qu’il y a des moments où c’est assez difficile pour moi dans la vie de tous les jours parce que la scène et le public me manquent à un point fou. J’ai un respect et un véritable amour pour lui… et ce ne sont pas des paroles en l’air.
Vous dites que cet album est un véritable « recommencement ». Presque comme si vous sortiez votre premier disque…
Quand on arrête plusieurs années son métier, il y a les habitudes qui s’en vont et c’est tant mieux. J’ai donc vécu la réalisation de ce disque comme si je recommençais à zéro. Le fait d’écrire, de composer, de choisir les titres, les thèmes des chansons, l’image que je veux donner aujourd’hui, bref de participer de A à Z à toutes les étapes d’un album, étaient nouveau pour moi.
Il y a un grand paradoxe entre les musiques rythmées et groovy qui dominent cet album et votre nouvelle façon de chanter.
Sans parler de pudeur, c’était le moment pour moi de chanter avec plus de retenue. J’avais envie de me replier sur moi pour interpréter ces nouveaux titres plus intensément. J’en avais marre d’être dans la démonstration vocale. Dans une carrière, le but, c’est de savoir se renouveler. Pour cet album, je voulais monter quelques marches et prendre un peu plus de risques.
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