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Le 27/03/2015

Cali : interview à coeur ouvert pour l'album L'Age d'Or

C’est déjà le sixième album de Cali et il est l’un des plus brillants, touchants et émouvants de sa production discographique. En tout, treize chansons qui frappent directement au cœur. Le troubadour engagé en appelle à la mémoire de l’auditeur et aux souvenirs de l’enfance qui permettent, selon lui, de mieux conjuguer la vie au présent. L’âge d’or est un album concept élégant, euphorique et énergique sur tous ces âges heureux de nos existences, et sur ce qui au final reste, et parfois manque.


Cali : interview à coeur ouvert pour l album L Age d Or 

 

Tout le monde dit du bien de cet album… 

Je ne sais pas ce qui va se passer pour le disque, mais j’ai déjà le succès d’estime et ça me rend très heureux. Ça m’a rassuré parce que, très honnêtement, je ne savais pas trop où j’allais. On n’est jamais sûr de rien quand on sort un nouveau disque. 


Vous avez travaillé avec  David François Moreau, un compositeur venu du cinéma, qui signe la plupart des musiques. Pourquoi l’avoir choisi ?

A la fin de 2013, on a fait le Téléthon avec Bénabar, Patrick Bruel et une jeune chanteuse, Marina Russo. Nous avons chanté ensemble sur une musique de Patrick Bruel. C’était David François Moreau, le frère de Patrick, qui a arrangé la chanson. J’ai trouvé le résultat très performant et classe. Il nous a dirigés vocalement. Sa façon de faire, rigoureuse, douce et intense ma beaucoup plu. Quand j’ai joué ma pièce de théâtre à Paris, il est venu me voir. La petite voix qui s’appelle intuition m’a fait lui demander s’il voulait travailler avec moi. C’est mon sixième album et j’ai toujours su où je voulais aller au niveau de la direction musicale. Là, pour la première fois, j’ai dit à quelqu’un : « tu fais ce que tu veux avec moi ». 


Pour la première fois, vous avez donc décidé de ne plus être maître de toutes les situations. C’était risqué ?

Le risque majeur était d’être surpris. La première chanson qu’il a travaillé a été « La vie est une menteuse ». J’ai compris la direction qu’il voulait prendre, j’ai trouvé ça jouissif. Il me montrait ce qu’il voulait faire au fur et à mesure de la création de l’album. Il y avait un côté cinématographique qui me plaisait. Mais, franchement, on ne savait pas la couleur que ce disque allait prendre… Nous sommes très satisfaits parce que je trouve cet album hyper cohérent.


 


Cet album a été écrit au début de l’année 2014. Vous jouiez au théâtre à Paris. Comme vous étiez loin de votre famille et de votre sud, du coup, vous avez écrit une soixantaine de chansons. Vous étiez dans une bulle créative ?

Absolument. Si j’avais écrit ces chansons chez moi, entouré de tous les gens que j’aime, elles auraient été peut-être belles, mais avec moins de lumière. Comme j’étais loin, je me suis créé une lumière personnelle. Pour moi, ce disque est le plus lumineux au sens propre du terme. 


C’est un disque lumineux, comme vous venez de le préciser, mais aussi assagit, optimiste et mélancolique.

Si vous parlez de mélancolie, ajoutez mélancolie heureuse. Quant à « assagit », ça me fait marrer. J’ai tellement une image de chien fou que de toute façon, dès que je me calme quelques minutes, on ne peut dire que ça de moi. Est-ce qu’être sage, c’est réaliser qu’il ne faut pas être sage. Dans « Le cœur chargé comme un fusil », on pense que je parle de mon grand-père, mon référent constant, qui a fait partie des Brigade Internationales. Et bien pas du tout. Je parle de moi. A 20 ans, je voulais refaire le monde, on s’est présenté à des élections municipales avec des potes… et puis la vie avance, on s’embourgeoise un peu, on rentre dans le rang et on à tendance à moins dire ce qu’on a dans le ventre. Dans cette chanson, je me dis : « Réveille-toi ! Redeviens l’enfant, celui qui va prendre le couteau rouillé pour se battre, partager la vie et mordre les salauds qui ont fait pleurer leur père ».


Votre chanson « Je dois te dire ça »… difficile de ne pas être touché.

Je raconte l’histoire d’une copine qui est allé voir un docteur pour un truc anodin. Il lui a annoncé qu’elle était au dernier stade d’un cancer. Aujourd’hui, on sait qu’elle n’est pas condamnée. Quand elle est sortie de chez ce médecin, elle a regardé le ciel, les oiseaux, ses amis, sa voiture… rien n’était pareil. Elle prenait conscience des choses. Moi, j’ai eu conscience de la vie, par sa conscience de la mort. Je me suis mis dans sa peau. Je me suis imaginé un jour rentrer chez moi et devoir annoncer une telle nouvelle à ma famille. Il y a une question sous-jacente dans cette chanson : pourquoi ne pas tout dire aux personnes qu’on aime avant le dernier souffle? 


Cali : interview à coeur ouvert pour l album L Age d Or

Vous dédiez une chanson à votre fille de deux ans, Popée, et vous chantez avec votre autre fille, Coco, neuf ans.

Coco fait du violoncelle et du piano de manière assidue au conservatoire et elle adore ça. Mais elle me dit toujours qu’elle veut être obstétricienne. Ça me plait parce que cela prouve qu’elle fait de la musique pour de bonnes raisons, pas pour être sous la lumière. Elle fait ça parce que la musique lui apporte de la vie et qu’elle est heureuse de jouer. Je pouvais donc me permettre de m’amuser avec elle. Je suis ravi parce que je pense souvent à Charlotte Gainsbourg. Elle fait une carrière merveilleuse, mais je suis sûr que parfois, elle doit s’arrêter pour écouter la chanson qu’elle chante avec son père « Lemon Incest » et verser quelques larmes. J’imagine que ma fille, un jour, en pensant à son papa disparu, fera pareil. 


Elle aime la vie de son chanteur de papa ?

Ça lui plait parce que ça lui permet aussi de vivre des choses. Elle vient parfois avec moi sur la route, elle est copine avec tous mes musiciens, elle rencontre des grands chanteurs connus… Mais surtout, elle voit
que papa est heureux.  


Vous chantez Le Grand chemin avec Jimmie O’Neill, leader des mythiques Silencers. 

Il faisait partie du quintet magique du rock héroïque, U2, Simple Minds, Waterboys, Silencers, Big Country… Quand j’écoutais ce genre de musique, j’avais l’impression de rentrer dans une cathédrale. Je vois la lumière qui passe à travers les vitraux. Ça fait un bien fou cette lumière qui vient des pays magiques : l’Ecosse, l’Irlande, les pays celtiques… tout cela me fait rêver ! Pour revenir à Jimmie O’Neil, je suis fou de sa poésie et de sa voix. Un jour, il m’appelle pour me prévenir qu’il vient me voir en concert le lendemain à Rennes. Je n’en revenais pas. Je lui ai dit que, dans ce cas, il devra chanter avec moi. On a chanté et toute la nuit, je lui ai posé des questions de fans. J‘ai eu la même réaction qu’avec Coco, je veux graver sa voix avec la mienne. C’était un moment merveilleux de studio. 

Cali : interview à coeur ouvert pour l album L Age d Or 


Vous avez chanté avec tous vos héros musicaux.  Vous vivez un rêve éveillé !

Oui, j’ai chanté dans un de mes albums avec Mike Scott, le chanteur des Waterboys, une chanson qui s’appelle «Pas la guerre ». J’ai aussi chanté avec les Simple Minds et Patti Smith. Quand j’en reparle, je trouve ça fou.  Je dis merci à la vie.


Quand sort un nouvel album, vous êtes dans une période un peu anxieuse ? 

Oui. Il y a à la fois la joie et le beau trac. Comme quand on offre un cadeau à quelqu’un. Il le déballe, mais est-ce qu’il va l’apprécier ? Je viens de signer chez Columbia, avec des gens merveilleux qui bossent beaucoup. Pour moi, c’est ultime. C’est Bob Dylan, Léonard Cohen, Bruce Springsteen… ce sont mes héros. Voir le logo Columbia sur ma galette, c’est important pour moi. C’est symbolique et fort pour moi. Je n’ai pas envie que les gens du label soient déçus.  Si le disque se vendait, au moins raisonnablement, ce serait une belle aventure jusqu’au bout. 


Cet album, c’est un peu le changement dans la continuité.

Non, c’est le changement tout court. David François Moreau m’a emmené vers des terrains harmoniques et des instrumentations  vers lesquels je ne serais pas allé spontanément. De plus, il m’a fait chanter différemment. 


Avec L’âge d’or, vous renouez vers le succès.

Mon premier album a surpris les gens, il a très bien marché et j’ai eu des critiques dithyrambiques. Si je dois résumer, les trois premiers albums ont cartonné et j’en ai eu deux qui se sont un peu planté… disons qui se sont moins vendus. L’un était un album très rock et l’autre très acoustique, presque piano voix. Là, avec L’âge d’or, j’ai l’impression de récupérer le public qui s’était un peu éloigné.

par François Alquier 

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Cali

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