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Le 08/04/2016

Baby Chaos : interview de la sensation rock écossaise !

18 ans après son dernier concert en France, Baby Chaos sera de retour sur nos terres pour trois dates en compagnie de Dead Pop Club et Napoleon Solo du 14 au 16 avril (Paris, Epinal, Strasbourg).

Reformé avec ses membres originaux fin 2010, le groupe de Glasgow a publié son troisième album, Skulls, Skulls, Skulls, Show Me The Glory l'année dernière via Kicking Records et PIAS.

 

Baby Chaos demeure le secret le mieux gardé d'Ecosse. Bien avant le triomphe de Biffy Clyro, le quatuor mené par Chris Gordon défendait déjà une power pop puissante avec style et panache. Baby Chaos se démarque au milieu des années 90 avec deux imparables albums aux pochettes signées Jean-Baptiste Mondino. Le clip "Hello" tourné avec Kelly MacDonald, actrice qui vient alors d’être révélée dans le film Transpotting de Danny Boyle (on la retrouvera par la suite dans Harry Potter et la série Boardwalk Empire), permet au groupe de fidéliser de nombreux fans au Royaume Uni mais aussi en France où il vient alors fréquemment tourner.

 

Ce retour ne pouvait être passé sous silence. Rencontre avec le chaleureux et sympathique Chris Gordon.

 

Baby Chaos : interview 2016 pour le grand retour des héros de Glasgow 

 

Te souviens-tu du premier concert de Baby Chaos en France ?

Chris Gordon : On était venu pour jouer en live sur Canal+ (Nulle Part Ailleurs) puis on a donné un showcase dans un bar à Paris, qui avait un nom comme l'American Bar. Cela devait être en 94 pour la sortie du premier album.

 

Canal+ avait été votre premier télé en direct il me semble ?

Oui. On avait déjà participé à des émissions de télés mais jamais en direct. On était terrifié, tellement stressé. Toute la journée, j'avais été anxieux. On s'est littéralement chié dessus avant de monter sur scène (rires). 

 

Vous avez été invité sur Canal une seconde fois pour le festival de Cannes ?

Oui c'était assez dingue. C'était en plein air. On s'est senti vraiment chanceux. C'était génial de pouvoir participer à cette effervescence qu'il y a à Cannes chaque année.

 

 

Pourquoi avoir reformé Baby Chaos ? Qu'est ce qui a déclenché cette envie de rejouer ensemble ?

Le premier déclencheur a été Ginger des Wildhearts qui nous a demandés de nous reformer pour un concert avec lui à Glasgow. Il nous a toujours tellement soutenus au fil des années qu'il était difficile de refuser. Ce concert a eu lieu il y a six ans. On a tous été surpris de constater à quel point c'était génial de rejouer ensemble live. On ne s'attendait pas à en retirer autant de plaisir. L'énergie était là et on a voulu continuer.

 

L'envie de composer de nouvelles chansons s'est rapidement fait sentir ?

On ne se voyait pas se reformer pour simplement jouer des titres de nos deux premiers albums. Si on se reformait, il nous fallait quelque chose de nouveau. Quelques semaines après le concert avec Ginger, on s'est dit que cela serait bien que l'on enregistre de nouveaux titres. Puis, deux, trois ans plus tard, on avait un album nommé Skulls Skulls Skulls, Show Me The Glory.

 

Vous avez toujours eu des titres d'albums à rallonge maintenant que j'y pense.

Oui c'est vrai (rires). C'est pour faire une déclaration (oui). J'ai toujours aimé les groupes avec des noms à rallonge. Comme And You Will Know Us By The Trail Of Dead, Godspeed You Black Emperor. 

 

Du coup, tu te sens frustré d’avoir un nom de groupe court ?

Oui c'est un peu ça (rires). Si on s’était formé l’année dernière, on ne se serait clairement pas appelé Baby Chaos. Cela ne nous convient plus vraiment. Mais si on l'a fait en tant que Baby Chaos, c'est parce que nous sommes tous les quatre les membres originaux. Même si Baby Chaos n'a jamais été un groupe important, on a eu la chance d'être suivi par des gens pour qui notre musique a compté. Cela nous a paru juste de jouer sous le nom Baby Chaos et de pouvoir présenter des chansons que ces fans n'ont jamais pu entendre live. En Angleterre, on n’a pas vraiment tourné pour Love Your Self Abuse. On a fait plus de shows en France à cette époque qu'en Angleterre. La tournée en Angleterre a été annulée au bout de quatre dates car Davy, notre batteur, est tombé malade et s'est vu interdire de jouer de la batterie. Ce n'est que l'année dernière que l'on a pu jouer ces chansons pour la première fois en Angleterre.

 

 

Baby Chaos : interview 2016 pour le grand retour des héros de Glasgow

 

Au milieu des années 90, vous êtes-vous sentis à part du reste de la scène du Royaume Uni ? Les médias avaient du mal à vous cataloguer. Vous n’êtiez ni Brit Pop, ni metal, ni rock’n’roll…

On nous a rapidement associés à la nouvelle scène rock de l'époque menée par Terrorvision et les Wildhearts. On avait des points communs avec eux mais on était différent musicalement. Quelque part on ressemblait plus à des groupes américains comme Soundgarden, Smashing Pumpkins, Nirvana qu'à la scène rock anglaise. On a toujours été des « underdogs » chez nous, des outsiders.

 

Les groupes écossais sont toujours un peu les underdogs de la scène anglaise non ? Avant de devenir aussi populaire, Biffy Clyro ont dû tourner inlassablement pendant des années pour s'imposer.

Biffy Clyro ont probablement travaillé plus dur que n'importe quel autre groupe de la planète. Ces 20 dernières années, ils n'ont jamais arrêté. Ce qui explique où ils en sont aujourd'hui. Ils ont gravi les échelons pas à pas en donnant des centaines de concerts dans des salles de 200 personnes, puis des centaines dans des salles de 500 pour finir à Wembley Stadium. Où ils en sont aujourd'hui est le résultat d'une moyenne de 250 concerts par an pendant 20 ans.

 Baby Chaos : interview 2016 pour le grand retour des héros de Glasgow

 

 

Quels sont les groupes qui ont compté au début de Baby Chaos ? 

Il y a quelques jours, j'ai réécouté quelques titres du premier album des Smashing Pumpkins et je me suis souvenu que même avant de les découvrir, on sonnait déjà un peu comme eux. Il y avait des similarités entre nos styles. J'adorai aussi Soundgarden. Notamment le charisme de Chris Cornell et le côté dramatique de sa voix si puissante. Quand tu es jeune, il est difficile de ne pas être influencé. En évoluant en tant que musicien, ces influences deviennent moins évidentes. Si je réécoute notre premier album, je pourrai te dire exactement quel groupe ou quelle chanson a influencé tel titre. C'est moins évident aujourd'hui.

 

Sur le premier album, Safe sex, designer drugs & the death of rock n' roll (1994), tu semblais avoir une fascination pour les sécrétions corporelles. Les deux premières chansons s'appellent "Sperm" et "Saliva".

Je ne savais pas ce que je racontais (rires). Je voulais juste me rendre intéressant.

 

 

 

Quand tu réécoutes ces chansons enregistrées il y a plus de 20 ans, te dis-tu parfois "mais comment est-ce que j'ai pu écrire ça " ?

Parfois. Je ne trouve pas les paroles du premier album très bonnes. Celles du second sont bien meilleures. J'ai vraiment mûri pendant les deux ans qui ont séparé ces deux disques. On a vécu énormément de choses et j'avais plus de choses à raconter. Sur le premier, je jouais plus un personnage alors que pour le second, c'est vraiment moi.

 

Love Your Self Abuse (1996), votre second album, est plus brut dans le son.

Le premier avait un son vraiment poli. Le son est plus vrai pour Love Yourself Abuse. On avait fait des démos à Glasgow qui sonnaient hyper biens. On est retourné dans le même studio afin d'enregistrer le disque. Au final, on a utilisé quelques-unes des démos notamment pour "Rearrange You". Elles sonnaient mieux. Elles avaient ce son brut que tu as quand tu fais une démo à une heure du matin bourré. C'est difficile à recréer. J'étais plus torturé par la vie à cette époque. Ce disque est plus authentique je trouve.

 

Une version US de Love Your Self Abuse était parue avec des chansons supplémentaires.

Le label voulait proposer une version reboot avec une ou deux nouvelles chansons. On avait manqué de se faire virer par East West mais de nouvelles personnes sont arrivées au sein du label et ont tenu à sortir notre disque aux Etats-Unis. Mais malheureusement, elles ont été virées elles aussi et c'est devenu problématique. C'est à ce moment-là que nous sommes devenus Deckard.

 

 

Pourquoi ne pas avoir continué en tant que Baby Chaos ?

Après l'abandon de Davy, on a joué avec un autre batteur, Glen Matthews, mais les problèmes contractuels ont tout bloqué. On a pris du recul et on a décidé de changer d'optique musicale. On a voulu se libérer de l'aspect enragé, qu'il y ait moins de cri. Garder le nom Baby Chaos ne nous paraissait pas honnête. Il nous fallait un nouveau nom pour ce projet différent.

 

Vous avez tourné pas mal de clips avec Baby Chaos. Lequel est ton meilleur souvenir ?

Mon préféré est le défilé de mode devant des grands-mères pour "Hello Victim". On s'est tellement bien amusé. On a fini vraiment saoul  à la fin du tournage. Cela a vraiment été une journée délirante où l'on s'est totalement ridiculisé. Un de mes amis au NME m'avait dit "Chris, pourquoi faites des vidéos comme ça, alors que votre musique a cette rage et cette profondeur ? Mais pourquoi merde ? Pourquoi ?". Puis les Foo Fighters sont arrivés et se sont fait connaître par leurs vidéos complètement décalées qui n'avaient rien à voir avec leur musique. On a été des précurseurs (rires).

 

 

As-tu des regrets liés à Baby Chaos ?

Non. Il y a juste des moments où je me dis que la chance n'a vraiment pas été de notre côté. Comme quand Davy est tombé malade au début d'une tournée américaine puis d'une tournée anglaise, ou quand je perdais ma voix avant des concerts importants. Le destin n'était pas avec nous. Ce n'est pas un regret, c'est juste dommage. C'était mon angoisse que de perdre ma voix. Je la poussais trop et elle était souvent à la limite de casser. Quand je ne pouvais plus chanter correctement, cela me frustrait.

 

Quels sont les projets de Baby Chaos ? Peu de concerts sont prévus.

Oui. C'est la seule manière pour nous de continuer ce groupe et c'est aussi une volonté. On ne se voit pas partir sur de longues tournées. On en a plus envie. Faire quelques dates par ci par là garde le truc fun et spontané. Comme ces quelques dates françaises. On a vraiment hâte. Trois, cinq concerts à la suite, c'est parfait. Baby Chaos ne doit pas devenir une obligation mais rester un plaisir.

 

Baby Chaos : interview 2016 pour le grand retour des héros de Glasgow

 

Comment conçois-tu le futur du groupe ? 

On prévoit déjà un autre album. Ces derniers mois, j'ai commencé à travailler sur des démos. On a aussi pour projet de filmer un concert mais de manière intimiste. Sûrement un show devant quelques amis dans une salle de répét. Une sorte d’instantanée de ce que nous sommes aujourd'hui. On le fera certainement à Glasgow.

 

Vous êtes sur Kicking Records en France mais vous vous autoproduisez au Royaume Uni ?

Oui. Kicking pour la France et on gère le reste chez nous. On vend directement aux fans.

 

Des rééditions de prévues ?

On aimerait bien mais on n’est pas propriétaires de deux premiers disques. On réfléchit à un moyen de les récupérer. On verra. 

 

Comme tu le disais plus haut, Ginger des Wildhearts vous a encouragés à vous reformer. Etiez-vous proche dans les années 90 ?

On s'est croisé de nombreuses fois. On a fait plusieurs tournées avec The Wildhearts. Ginger est un peu une légende par ici. Quelqu'un d'extrêmement respecté pour tout ce qu'il a accompli. Il a eu une vie de dingue. L'année dernière, il a été diagnostiqué comme étant dans une déprime extrême. La musique l'en a sorti. Il est très présent sur les réseaux sociaux. Il était toujours là à aider des groupes. Il a un véritable appétit pour la musique. Ce n'est pas du flan. C'est quelqu'un d'authentique.

 

Baby Chaos : interview 2016 pour le grand retour des héros de GlasgowSur scène avec Ginger des Wildhearts.

 

Que faites-vous en dehors de Baby Chaos ?

Bobby (basse) possède son propre club sportif de crossfit. Grant (guitare) travaille pour une association qui vient en aide aux enfants et Davy (batterie) est commercial. De mon côté, j'enregistre des groupes, de la musique pour des pubs, je compose pour d'autres projets. 

   

 

Baby Chaos / Dead Pop Club / Napoleon Solo Spring Tour :


14/04 Paris (Gibus)

https://www.facebook.com/events/153475091692134/
15/04 Epinal (la Souris Verte) + Flying Donuts (concert 20éme anniversaire) https://www.facebook.com/events/701988496605380/
16/04 Strasbourg (Maison Bleue)
https://www.facebook.com/events/462488890610438/

 

 

Baby Chaos : interview 2016 pour le grand retour des héros de Glasgow

 

 

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