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Alexandre Astier : interview pour Que ma joie demeure !

Alexandre Astier est de retour dans une performance scénique époustouflante ! Une masterclass du cantor Johann Sebastian Bach ! L’auteur de la célèbre série Kaamelott monte sur les planches pour interpréter avec finesse et brio Que Ma Joie Demeure !. Un spectacle unique où le portrait insolite de Jean Sébastien Bach est revisité avec la touche Alexandre Astier. Entre les leçons de piano désopilantes et les confessions intimes, il mélange les genres, du rire au drame, du théâtre à la musique. Rencontre avec un comédien auteur inspiré.

 

Alexandre Astier

 

Comment prend-on la décision de bâtir toute une pièce sur Bach. Il faut l’aimer, il faut être touché par sa vie, l’admirer ?

Je l’avais beaucoup étudié avant, musicalement, mais le bonhomme reste un mystère. Avant que je ne fasse des recherches poussées, moi qui ai vécu dans des conservatoires toute mon enfance, il ne transparaissait rien de l’homme. Sa musique est bouleversante et elle fait école. Mais le mec, non. Il a fallu aller à la recherche de qui il était. Ce n’est qu’avec ces recherches que j’ai compris qu’il y a un sacré bonhomme derrière. Même si c’est quelque fois exagéré dans le spectacle, j’ai constaté que c’était quelqu’un de charnel, quelqu’un qui avait mauvais caractère. Il était en bisbille avec sa hiérarchie, tout le temps et sur beaucoup de point. Il était aussi  monomaniaque. Je voulais faire quelque chose sur Bach depuis longtemps, mais les choses étaient tellement floues en ce qui le concernait, que j’ai toujours reporté ce projet. Je n’avais que des choses techniques à dire. Des choses sur la partie « leçon », ça j’avais. Je savais aussi qu’il avait perdu 10 enfants sur 20, mais c’est tout.


Vous dites que c’était un être mystérieux, mais il existait des ouvrages qui ont tenté de percer le mystère, l’armure de Bach.

Notamment ceux du musicologue et écrivain, Gilles Cantagrel. Il a relevé beaucoup de traces de gens qui parlent de lui. J’ai recoupé les témoignages et j’ai pu commencer à dresser un portrait et une personnalité proche de la réalité.


Pour camper le personnage, vous êtes-vous rapproché au maximum de ce qu’on disait de lui ou, au nom de l’humour, vous l’avez un peu caricaturé ?

Je n’ai pas pu respecter de manière immodérée l’homme qu’il était réellement, parce que personne ne peut nous dire comment il était vraiment. Tout ce que je sais, c’est que c’était un bonhomme. La seule chose que je peux dire, c’est que tous les personnages historiques ont eu des vies avec plein de soucis comme on en connait tous. Ils ne sont pas sans aspérités, contrairement on ce qu’on voudrait nous faire croire. Je ne vois pas pourquoi Bach n’aurait pas été comme tout le monde.


Vous racontez tous les pans la vie de Bach, même les plus tristes. La perte de ses nombreux enfants. Et surtout la peur de la perte de nouveaux enfants… Il y a une scène très émouvante sur le sujet. C’est dur l’équilibre, à trouver, entre le rire et les larmes.

Je crois même que c’est la seule chose difficile. C’est même une quête de tous les instants. Dans Kaamelott c’est pareil, il fallait que je trouve l’équilibre entre le drôle et le pas drôle. La promesse au public, c’est qu’il ne s’ennuie pas. Ça fait un moment que je fais ça, bien avant Kaamelott. J’ai fait des pièces de théâtre avant et il y a avait toujours ce côté comédie et plus grave. Pour moi, c’est une quête permanente que de faire cohabiter les rires et les larmes sans que ce soit indigeste.


Vous dites que l’humour, c’est le verni, c’est ce qui ne se raconte pas, ce sont les couches de peintures qu’on met par-dessus une histoire sérieuse. Mais parfois, avez-vous envie de vous laisser aller aux grosses ficelles de l’humour.

C’est un truc que je n’ai pas envie de faire, mais c’est surtout un truc que je ne sais pas faire. Je crois simplement que je ne les ai pas, ces ficelles. Je ne suis pas doué pour ça. Je n’arrive pas à me fixer sur des choses qui, soi-disant marchent ou ne marchent pas, pas plus qu’un public qui éclate de rire ne me semble un meilleur public qu’un public plus discret, plus attentif, plus pudique. Je ne me base pas là-dessus. Je pense qu’une histoire, c’est une histoire et qu’une histoire n’est pas intrinsèquement drôle. Une histoire, c’est des faits, une situation. L’humour, c’est le vernis, c’est ce qu’il y a dessus, c’est la façon dont on raconte les choses. Oui, c’est une façon, pas forcément le fond. L’humour, ce n’est pas mon métier. Je raconte des histoires et je veux qu’on les prenne telles que je les donne.


Mais pourtant, chez vous l’humour est sous-jacent constamment dans votre œuvre. Vous êtes en train de me dire que l’humour qui se dégage de la façon de raconter vos histoires est naturel et non le fruit de réflexion « pour faire rire ».

C’est de la séduction. Après, comme toutes les séductions, est-ce que c’est sincère ? Est-ce que ce n’est pas se montrer sous son meilleur jour ? Un auteur-acteur sur scène, qu’est-ce que c’est d’autre pour le public que quelqu’un qui s’arrange pour être vu sous son meilleur angle ? Faire rire, ce n’est pas un truc que vous déclenchez au moment d’écrire vos scènes. Vous essayez d’être ça, toute la vie, tout le temps, partout. Vous essayez d’être celui qui arrive à faire sourire, celui qui arrive à avoir un angle de vie un peu particulier sur tel ou tel sujet.

Êtes-vous en train de me dire qu’Alexandre Astier est un peu comme on le voit dans Kaamelott ou dans Que ma joie demeure ?

Il y a un cousinage. Il y a un fond tragique et un vernis rigolo. Sinon, je ne raconterais pas mes histoires de cette manière. Tout doit s’expliquer.

Dans Que ma joie demeure, je suis impressionné par votre texte. Il est très compliqué, surtout au début, quand Bach répond à la question, « qu’est-ce que la musique ? »

En l’occurrence, tout ce que je raconte est vrai. C’est parce que c’est vrai que je m’y retrouve. Je suis musicien, j’ai étudié tout ce que je raconte, donc, je n’ai jamais eu de mal à retenir ces choses-là. Ce sont des termes qui sont presque phonétiques, d’où, effectivement, l’impression de complexité.


Quand on vous dit que vous avez un humour fin, spirituel, intelligent, vous avez tendance à faire le faux modeste ?

Comment dire ? Je prends le risque de demander beaucoup du public et d’exiger des choses d’eux. Je ne peux pas leur dire, « venez, je vais vous faire marrer », puis c’est fini. Je leur demande de me suivre aussi quand ce n’est pas drôle, je leur demande de me suivre quand c’est plus compliqué, je leur demande même de me suivre quand c’est même flou ou bancal. Je leur demande de me suivre tout le temps. Donc, quelqu’un qui me dirait « écoute, t’es trop compliqué, moi j’ai envie de passer une bonne soirée, tu me fais chier avec tes histoires », je serais malheureux, évidemment. À l’inverse, quand il se passe ce que vous dites. Que les gens disent « j’aime bien Astier parce qu’il me parle comme ça », c’est la vraie récompense. Ça veut dire qu’il y a des gens pour recevoir ce que j’ai envie de faire.

 

 



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