On a écouté l'album Metals de Feist
On commençait à s'impatienter. Après le succès de The Reminder, et du single "1234" choisi par Apple comme bande son pour les pubs de l'iPod nano, Leslie Feist est enfin de retour cette semaine avec un nouvel album. Si ce quatrième opus, qui sort aujourd'hui, s'intitule Metals, on est loin du beat entêtant de My Moon, My Man. La chanteuse originaire de Toronto nous transporte dans une ambiance plus zen, en accord avec la nature. Un album mais qui fait du bien en ce début d'automne. A noter que Feist sera le 20 octobre 2011 à l'Olympia.
2007 fut l'année Feist. Avec The Reminder, la chanteuse reçoit cinq prix Juno, est nommée 4 fois aux Grammy, et devient disque d'or en France où elle a vécu 5 ans. Il récupère également un disque d'or aux Etats-Unis et en Autriche. Sur sa terre natale du Canada, elle décroche un double disque de platine. Mais alors qu'elle était en pleine consécration, Feist décide de tout arrêter et de s'octroyer un break pour casser cette notoriété soudaine qui l'a laisse pantoise. Interrogée par l'AFP, Leslie Feist affirme que cette pause était nécessaire pour elle qui avait besoin de "respirer profondément". Comme si les tournées et la promo de The Reminder l'avaient épuisée : "C'est impossible de prédire quelque chose comme ça. J'ai fini par ne plus vraiment comprendre ce qui m'arrivait", raconte-t-elle alors.
Une fois les réflexes de sa nouvelle vie de star mis de côté, Feist s'est enfermé dans son garage à l'automne 2010, et a composé les douze titres qui forment Metals. Pour l'enregistrement, la canadienne a rappelé l'équipe de choc avec laquelle elle a déjà collaboré : les musiciens canadiens Gonzales, Mocky (qui a travaillé pour Teki Latex, Micky Green et Jane Birkin), ainsi qu'un petit nouveau en la personne du producteur de Björk, Valgeir Sigurosson, qui a également collaboré avec Camille et CocoRosie. Les sessions studios se sont déroulées dans une grange à Big Sur, une enclave sauvage californienne, au bord de l'océan Pacifique, repère d'antant d'artistes tels que Joan Baez ou John Steinbeck, et qui sied parfaitement à cet album. Le titre de l'opus, lui, n'est peut-être au fond qu'une métaphore qui représente une substance changeante et adaptée à chaque chanson : "Le métal a été une pièce majeure de chaque civilisation. [...] "Je trouvais que le mot pouvait se transformer en fonction des besoins de chaque chanson", explique t-elle à L'Express. "Chacune d'entre elles est devenue un peu plus forte une fois ce titre trouvé".

A la première écoute, ce nouvel album peut sembler très calme voire légèrement sombre. Mais on y retrouve véritablement l'ambiance naturelle exprimée par sa pochette, et ce fameux arbre en forme de F repéré par la chanteuse. Un environnement minéral sur lequel l'artiste se repose, tant au sens propre que figuré. Les 12 titres de Metals expriment chacun à leur manière la renaissance de la musique de Feist, presque un nouveau départ. Si la majorité des titres sont joués en acoustique et à la guitare sèche, la voix de la canadienne en est parfois magnifiée, comme sur le titre "Bittersweet melodies". Ou sur une chanson douce et simple comme "The Circle Married The Line", sur laquelle la chanteuse explique que "tout ce dont nous avons besoin est d'une ligne d'horizon". De la même manière, "Cicada and Gulls" nous remet totalement dans l'ambiance de l'enregistrement en live.
Au milieu de cette ambiance planante se trouve un électron libre qui vient remettre un peu de punch dans l'album, en l'occurence le titre "A Commotion" beaucoup plus percutant et saccadé que les autres odes. A certains moments, la voix de Feist est également mariée à d'autres, comme sur le premier titre, "The Bad In Each Other" qui a la même rythmique que les pulsations d'un coeur chanté, en duo avec Bry Webb des Constantines. On a également une petite préférence pour "Graveyard", qui signifie "cimetière" mais qui est loin de l'ambiance austère suggérée : la chanson instaure une ambiance paisible, méditative, amplifiée par un "Bring'em back to life" repris en choeur par des voix enfantines.

Au niveau des textes, Feist elle-même explique elle-même qu'elle s'est inspirée des écrits de l'écrivain américain John Steinbeck. "Les idées-clefs, sur cet album, sont les miennes, mais j’ai tenté de les formuler comme si elles provenaient d’une sorte de sagesse ancestrale. Tu sais comment la sagesse de nos grands-parents est faite de formules simples et irréfutables, parce que basées sur des faits? Qui peut s’opposer à la logique d’un dicton comme "Mieux vaut prévenir que guérir"?. Le point de vue du narrateur permet une certaine distanciation par rapport au propos. Les chansons de Metals sont livrées de manière moins subjective. J’ai observé les gens autour de moi, mes amis proches, l’effet qu’avait le passage du temps sur eux. Pourquoi certains se sortent-ils de situations terribles avec une étonnante résilience, alors que d’autres sont anéantis par des trucs bien moins graves… C’est le genre de réflexions qui ont nourri l’écriture des chansons." L'album Metals est porté par le single "How Come You Never Go There" que vous pouvez découvrir ci-dessous :
Chronique par Assia Hamdi.
2007 fut l'année Feist. Avec The Reminder, la chanteuse reçoit cinq prix Juno, est nommée 4 fois aux Grammy, et devient disque d'or en France où elle a vécu 5 ans. Il récupère également un disque d'or aux Etats-Unis et en Autriche. Sur sa terre natale du Canada, elle décroche un double disque de platine. Mais alors qu'elle était en pleine consécration, Feist décide de tout arrêter et de s'octroyer un break pour casser cette notoriété soudaine qui l'a laisse pantoise. Interrogée par l'AFP, Leslie Feist affirme que cette pause était nécessaire pour elle qui avait besoin de "respirer profondément". Comme si les tournées et la promo de The Reminder l'avaient épuisée : "C'est impossible de prédire quelque chose comme ça. J'ai fini par ne plus vraiment comprendre ce qui m'arrivait", raconte-t-elle alors.
Une fois les réflexes de sa nouvelle vie de star mis de côté, Feist s'est enfermé dans son garage à l'automne 2010, et a composé les douze titres qui forment Metals. Pour l'enregistrement, la canadienne a rappelé l'équipe de choc avec laquelle elle a déjà collaboré : les musiciens canadiens Gonzales, Mocky (qui a travaillé pour Teki Latex, Micky Green et Jane Birkin), ainsi qu'un petit nouveau en la personne du producteur de Björk, Valgeir Sigurosson, qui a également collaboré avec Camille et CocoRosie. Les sessions studios se sont déroulées dans une grange à Big Sur, une enclave sauvage californienne, au bord de l'océan Pacifique, repère d'antant d'artistes tels que Joan Baez ou John Steinbeck, et qui sied parfaitement à cet album. Le titre de l'opus, lui, n'est peut-être au fond qu'une métaphore qui représente une substance changeante et adaptée à chaque chanson : "Le métal a été une pièce majeure de chaque civilisation. [...] "Je trouvais que le mot pouvait se transformer en fonction des besoins de chaque chanson", explique t-elle à L'Express. "Chacune d'entre elles est devenue un peu plus forte une fois ce titre trouvé".

A la première écoute, ce nouvel album peut sembler très calme voire légèrement sombre. Mais on y retrouve véritablement l'ambiance naturelle exprimée par sa pochette, et ce fameux arbre en forme de F repéré par la chanteuse. Un environnement minéral sur lequel l'artiste se repose, tant au sens propre que figuré. Les 12 titres de Metals expriment chacun à leur manière la renaissance de la musique de Feist, presque un nouveau départ. Si la majorité des titres sont joués en acoustique et à la guitare sèche, la voix de la canadienne en est parfois magnifiée, comme sur le titre "Bittersweet melodies". Ou sur une chanson douce et simple comme "The Circle Married The Line", sur laquelle la chanteuse explique que "tout ce dont nous avons besoin est d'une ligne d'horizon". De la même manière, "Cicada and Gulls" nous remet totalement dans l'ambiance de l'enregistrement en live.
Au milieu de cette ambiance planante se trouve un électron libre qui vient remettre un peu de punch dans l'album, en l'occurence le titre "A Commotion" beaucoup plus percutant et saccadé que les autres odes. A certains moments, la voix de Feist est également mariée à d'autres, comme sur le premier titre, "The Bad In Each Other" qui a la même rythmique que les pulsations d'un coeur chanté, en duo avec Bry Webb des Constantines. On a également une petite préférence pour "Graveyard", qui signifie "cimetière" mais qui est loin de l'ambiance austère suggérée : la chanson instaure une ambiance paisible, méditative, amplifiée par un "Bring'em back to life" repris en choeur par des voix enfantines.

Au niveau des textes, Feist elle-même explique elle-même qu'elle s'est inspirée des écrits de l'écrivain américain John Steinbeck. "Les idées-clefs, sur cet album, sont les miennes, mais j’ai tenté de les formuler comme si elles provenaient d’une sorte de sagesse ancestrale. Tu sais comment la sagesse de nos grands-parents est faite de formules simples et irréfutables, parce que basées sur des faits? Qui peut s’opposer à la logique d’un dicton comme "Mieux vaut prévenir que guérir"?. Le point de vue du narrateur permet une certaine distanciation par rapport au propos. Les chansons de Metals sont livrées de manière moins subjective. J’ai observé les gens autour de moi, mes amis proches, l’effet qu’avait le passage du temps sur eux. Pourquoi certains se sortent-ils de situations terribles avec une étonnante résilience, alors que d’autres sont anéantis par des trucs bien moins graves… C’est le genre de réflexions qui ont nourri l’écriture des chansons." L'album Metals est porté par le single "How Come You Never Go There" que vous pouvez découvrir ci-dessous :
Chronique par Assia Hamdi.
Note : 7 /10
S'il semble s'éloigner un peu de son style habituel, l'album Metals nous donne au moins la certitude que Feist est une artiste aux multiples facettes, capable à la fois d'envolées pop énergiques et de ballades spirituelles. Même si certains titres sont moins accrocheurs et faciles d'accès, Feist nous propose un album enclin à la méditation. A l'arrivée, on est plutôt heureux qu'elle se soit remise à la musique.
Metals, de Feist, sorti le 3 octobre 2011 :
1 The Bad In Each Other
2 Graveyard
3 Caught A Long Wind
4 How Come You Never Go There
5 A Commotion
6 Bittersweet Melodies
7 Anti Pioneer
8 Undiscovered First
9 Cicadas And Gulls
10 Woe Be
11 Comfort Me
12 Get It Wrong, Get It Right
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