Chronique album : Kasabian - Velociraptor!
Après trois premiers albums tous réussis, Kasabian sort aujourd'hui un quatrième disque. Velociraptor! a la lourde tâche de s'inscrire dans la continuité sans décevoir des fans devenus exigeants. Mission Impossible ? Pas de l'avis de son principal compositeur :ce nouveau disque a été vendu par Sergio Pizzorno comme "pouvant changer des vies". Autant dire que les cinq de Leicester sont attendus au tournant...
Velociraptor! s'ouvre donc avec un coup de gong et une mélodie à l'espagnole pour entamer "Let's roll just like we used to", une chanson où la griffe de Kasabian se retrouve sans problème. Voix nonchalante et rythmes changeants : le groupe surfe sur ce qui a fait son succès. Le ton est donné pour cette première moitié de Velociraptor! : l'album est bien la suite directe de West Ryder Pauper Lunatic Asylum. Un constat rassurant mais aussi un peu décevant : la qualité est bien au rendez-vous, mais l'originalité un peu moins. Impression renforcée avec "Days are forgotten". Sortie en single, cette chanson laisse entrevoir un peu de changement avec une intro étrange mais retourne vite à du Kasabian classique dès que Tom Meighan reprend le micro.
Le groupe tente ensuite le coup de la ballade acoustique avec "Goodbye Kiss" : un peu facile, mais bien réalisé. On peut alors enchaîner sur une piste qui devrait ravir les amateurs de la langue de Molière. "La Fée Verte" est un hymne nonchalant à l'absinthe assorti de paroles bizarres mais inspirées. Cet épisode planant se termine brusquement en passant à "Velociraptor" (sans le point d'exclamation). Ce condensé des tubes énergiques des précédents albums tente le mix entre "Club Foot", "Shoot the runner" et "LSF" mais finit par en perdre son âme et son originalité. Sans doute le morceau le moins intéressant de l'album. On accordera sans doute plus d'attention à "Acid Turkish Bath" qui mélange rythmes orientaux et effets électro pour une chanson longue mais pas lassante pour autant.
On entre alors de plein pied dans la meilleure partie de l'album. "I hear Voices", "Re-Wired" et "Man of simple pleasures" sont trois très bonnes chansons mélangeant joyeusement rock psyché et influences Britpop. Une très bonne fin d'album qui se poursuit avec le single (doté d'un clip en apesanteur plutôt réussi) "Switchblade Smiles" et la conclusion un peu longue que constitue "Neon Noon".
Note : 8 /10
Au final, un album sans aucune mauvaise chanson (malgré "Velociraptor", un peu décevante), avec plusieurs morceaux à écouter et réécouter très volontiers. Il manque malgré tout un petit quelque chose : chacun des précédents albums de Kasabian avait un ou deux morceaux immédiatement reconnaissables dont les premiers accords suffisaient à électriser le public. Velociraptor! n'en a pas vraiment : malgré toute une flopée de bonnes chansons, aucune ne se distingue vraiment. Il y a les bons albums avec quelques chansons géniales et pas mal de titres insipides et les bons albums avec uniquement de bonnes chansons mais aucune de géniale. Velociraptor! fait clairement partie de cette deuxième catégorie, et c'est déjà pas mal.
1 : Let's Roll just Like we Used To
2 : Days are forgotten
3 : Goodbye Kiss
4 : La Fée Verte
5 : Velociraptor
6 : Acid Turkish Bath (Shelter From the Storm)
7 : I hear Voices
8 : Re-Wired
9 : Man of Simple Pleasures
10 : Switchblade Smiles
11 : Neon Noon
MusiqueMag.com

Chargement en cours...
